Doux en bonne position pour poursuivre l'activité

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LA DÉCISION SUR LE SORT DU GROUPE DOUX REPORTÉE
LA DÉCISION SUR LE SORT DU GROUPE DOUX REPORTÉE

par Pierre-Henri Allain

QUIMPER, Finistère (Reuters) - Le projet présenté par l'actuel PDG du groupe volailler Doux a obtenu mercredi le soutien implicite du tribunal de commerce de Quimper (Finistère), qui a accepté les demandes de Charles Doux.

Les juges ont décidé la poursuite de la période d'observation jusqu'au 9 octobre pour les pôles poulets congelés et produits élaborés et ont prononcé la liquidation du pôle frais avec dépôt d'offres de reprise jusqu'au 10 août.

Cette décision va dans le sens du plan de continuation proposé par Charles Doux, avec l'apport de nouveaux capitaux, notamment de la banque Barclays, qui pourrait à terme convertir sa créance de 140 millions d'euros en capital et prendre le contrôle du groupe à 80%.

"Cette décision va nous permettre de travailler sereinement dans le cadre de la période d'observation pour affiner notre projet de continuation", s'est félicité Maurice Lantourne, avocat de Charles Doux.

"C'est le seul projet qui assure le respect de la filière, des transporteurs, des éleveurs, des salariés et de tous les autres acteurs", a-t-il ajouté en référence à l'offre concurrente du groupe agro-industriel Sofiprotéol.

L'avocat a également estimé que désormais chacun était "libre de faire l'offre qu'il souhaite" pour les établissements du pôle frais qui représente environ 1.700 emplois sur un total de 4.195, dont 711 à durée déterminée.

Régis Valliot, administrateur judiciaire du groupe Doux, a clairement pris parti pour l'offre de l'actuel PDG.

"L'alternative était la fermeture pure et sèche du pôle frais. Avec le plan du groupe Doux, les fournisseurs, les salariés, les créanciers sont aussi mieux payés, c'est bien pour tout le monde", a-t-il expliqué.

"Les entreprises qui avaient présenté une offre globale sont maintenant déliées de leur engagement et il faut espérer qu'elles puissent réitérer leurs offres pour le pôle frais en sauvant le maximum d'emplois", a-t-il ajouté.

LE CHOIX DES ÉLEVEURS

Lors de l'audience devant le tribunal vendredi, l'organisme financier de la filière des huiles végétales et protéines animales Sofiprotéol avait présenté une offre "indivisible" regroupant huit sociétés de l'agro-alimentaire prêtes à reprendre différentes entités du groupe Doux, mais tenues par une clause "d'indivisibilité".

Selon cette offre, 2.707 emplois du groupe Doux étaient préservés auxquels s'ajoutaient 371 reclassements, les sites de Pleucadeuc (Morbihan) et Graincourt (Pas de Calais) étant notamment abandonnés.

"Dans cette offre, 1.000 emplois du pôle frais étaient préservés, il faut espérer que les prochaines offres soient au moins à cette hauteur", a souhaité Régis Valliot.

Sofiprotéol a regretté l'orientation prise par le tribunal.

"Les différents acteurs participant à l'offre de reprise de Doux coordonnée par Sofiprotéol regrettent que leur proposition n'ait pas été retenue (...) sur des motifs juridiques contestables", dit le groupe dans un communiqué.

"Cette offre, qui reposait sur un projet industriel de long terme, préservait l'intérêt social, industriel et agricole", ajoute ce texte, où les membres de l'offre coordonnée expriment leur "vive inquiétude sur l'évolution de la filière avicole française et sur l'avenir des activités du groupe Doux".

Les délégués syndicaux présents lors de l'annonce de la décision au greffe du tribunal de commerce de Quimper se sont pour leur part inquiétés du délai de quelques jours seulement accordé aux éventuels repreneurs du pôle frais.

"Il faut qu'il y ait le maximum d'offres pour préserver le plus d'emplois et de sites possibles", a dit Jean-Luc Guillart, délégué CFDT.

Alors que la majorité des syndicats du groupe, hormis la CFDT, avaient marqué une préférence pour le projet mené par Sofiprotéol, marquant leur défiance vis-à-vis de la banque Barclays et de Charles Doux, les représentants des quelque 800 éleveurs et des transporteurs travaillant avec le volailler soutenaient le projet du PDG.

Outre Pleucadeuc et Graincourt, le pôle frais comprend également les sites de Sérent (Morbihan), Laval (Mayenne), Blancafort (Loiret) et Boynes (Cher).

Afin de financer le fonctionnement des pôles poulets congelés et produits élaborés durant la période d'observation, Charles Doux a annoncé un apport de 10 millions d'euros de la banque Barclays, de 12 millions d'euros d'un de ses principaux clients, le groupe saoudien Al Munajem, et de 3 millions d'euros des organismes chargés de recouvrer les créances du groupe auprès de la grande distribution.

"Ces apports sont confirmés, actés et autorisés", a souligné Me Maurice Lantourne.

Edité par Yves Clarisse

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