Doutes sur les emplois annoncés par Hollande sur le site Ecomouv'

le , mis à jour à 15:22
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STRASBOURG, 10 juillet (Reuters) - L'Elysée a promis vendredi que les engagements pris par François Hollande pour créer de 100 à 150 emplois sur le site abandonné par la société Ecomouv', près de Metz (Moselle), seraient tenus après qu'un élu local a tiré la sonnette d'alarme. "Les engagements pris par le président seront respectés", a-t-on déclaré à la présidence de la République, sans précision. En visite sur le site PSA de Trémery, près de Metz, en mars dernier François Hollande avait évoqué l'implantation d'un centre d'appel de Pôle emploi pour compenser la suppression de l'écotaxe qu'Ecomouv' devait collecter grâce à des portiques attaqués en de nombreux endroits par les "bonnets rouges". Mais il avait fait cette annonce avant même la fin de l'appel d'offres lancé par l'établissement public pour trouver un prestataire de services. Or, la société Arvato, filiale du groupe de communication allemand Bertelsmann, qui avait soumissionné en proposant de reprendre les locaux d'Ecomouv', n'a pas été retenue, a dit à Reuters Jean-Luc Bohl, président UDI de Metz-Métropole, confirmant une information du site internet en-contact.com. "Personne ne lui demandait rien. On ne fait pas, comme ça, des annonces à la cantonade, deux jours avant le deuxième tour des élections départementales", a-t-il dit à Reuters. Bien que les résultats de l'appel d'offres n'aient pas encore été publiés, les deux sociétés retenues par Pôle Emploi, Webhelp et Tessi, n'auraient aucun projet en Moselle. La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal avait décidé d'enterrer l'écotaxe, en octobre 2014, après une réunion avec les transporteurs routiers qui refusaient de payer. L'Etat s'est engagé à verser près de 900 millions d'euros à Ecomouv', l'entreprise qui devait percevoir cette taxe poids lourds, et se voit réclamer 300 millions d'euros par les sociétés de télépéage pour les investissements qu'elles disent avoir consentis sur les véhicules. L'arrêt des activités d'Ecomouv', filiale du groupe italien Atlantia dont le siège était à Paris et le centre opérationnel sur l'ancienne base aérienne 128 de Metz-Frescaty, a provoqué le licenciement de 200 personnes, dont 150 en Lorraine. Un peu plus de la moitié seraient toujours sans emploi, selon Olivier Kamiri, ancien délégué de la CGT au sein de l'entreprise. Contactés par Reuters, Pôle emploi et Arvato n'avaient pas répondu vendredi en milieu de journée. (Gilbert Reilhac, avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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