Doutes croissants sur la vente d'Airbus A380 à l'Iran-sources

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    PARIS, 27 juin (Reuters) - Si l'Iran a en projet d'acheter 
quelque 200 avions aux constructeurs aéronautiques occidentaux, 
les doutes continuent de croître sur la vente de 12 très gros 
porteurs A380 d'Airbus  AIR.PA  à la compagnie nationale 
IranAir, a-t-on appris de plusieurs sources proches du dossier. 
    Le retour de l'Iran sur le marché international après des 
décennies d'absence constitue l'une des plus importantes 
opportunités économiques offertes par la levée des sanctions à 
la suite de l'accord sur son programme nucléaire.  
    La volonté de Téhéran d'acquérir y compris des A380 avait 
attiré l'attention lors de l'annonce en janvier d'une commande 
118 Airbus, pour un montant de 23 milliards d'euros environ aux 
prix catalogue.   
    La présence du très gros porteur dans cette commande avait 
alors été perçue comme un symbole du resserrement des relations 
entre l'Iran et l'Occident et comme un signe de la volonté de 
Téhéran de rivaliser avec les pays du Golfe qui figurent déjà 
parmi les principaux opérateurs de l'A380. 
    Elle constituait en outre une bonne surprise pour Airbus, 
qui peine à vendre le plus gros modèle de sa gamme au point que 
l'avenir du programme A380 est parfois mis en doute.  
    Mais des sources proches du contrat font état de signes de 
plus en plus nombreux montrant que Téhéran pourrait bien 
reconsidérer son projet en la matière.  
    "Nous avons toujours clairement dit qu'il s'agissait d'une 
option", a déclaré à Reuters un officiel iranien qui a requis 
l'anonymat. "Il est possible de passer sur d'autres modèles." 
    Une source du secteur proche de la région a dit que l'Iran 
s'était engagé pour le reste de la commande mais était intéressé 
par l'A380, commandé en partie pour des raisons politiques. 
    La commande des 118 Airbus avait été annoncée lors d'une 
visite officielle à Paris du président iranien, Hassan Rohani. 
    D'autres sources ont dit que le volet A380 de la commande 
iranienne, qui représente 5,2 milliards de dollars au prix 
catalogue, pouvait être annulée ou modifiée sans pénalité.  
    Une source industrielle a reconnu que "la partie A380 est 
moins solide" que les 106 autres appareils commandés.  
    Avant que l'accord puisse aboutir, Airbus doit de toute 
façon obtenir les autorisations d'exportation américaines 
nécessaire, ses avions intégrant des technologies développées 
aux Etats-Unis, et résoudre les questions liées au financement.  
    "Après l'accord préliminaire pour 118 avions signé en 
janvier avec IranAir, les négociations progressent et, comme 
pour tous les accords, il faut du temps pour les confirmer et 
les finaliser", a dit un porte-parole d'Airbus.  
    IranAir n'était pas disponible dans l'immédiat pour 
commenter ces informations.  
    En février, à propos de la commande d'Airbus, son président 
avait déclaré à Reuters que l'A380 ne serait pas livré avant 
cinq ans et que la compagnie veillerait dans l'intervalle au 
développement de l'aéroport Imam Khomeini de Téhéran.  
 
 (Tim Hepher; Marc Angrand pour le service français, édité par 
Cyril Altmeyer) 
 

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