Doutes à répétition sur les marchés : « ces craintes nous semblent exagérées » (E. de Rothschild AM)

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Pour Edmond de Rothschild AM, les récentes turbulences boursières laissent encore des opportunités d'achats à bon compte sur les actions européennes.
Pour Edmond de Rothschild AM, les récentes turbulences boursières laissent encore des opportunités d'achats à bon compte sur les actions européennes.

Depuis le début de l’été, les marchés sont régulièrement pénalisés par les doutes sur l’économie chinoise. Les investisseurs sont devenus très réactifs à toute statistique mitigée sur la conjoncture de l’Empire du Milieu. Pour Edmond de Rothschild AM, ces craintes sont « exagérées ».

Alors que de nombreux investisseurs sont soucieux du comportement chaotique des marchés depuis plusieurs semaines, Edmond de Rothschild Asset Management parle dans une note de conjoncture diffusée lundi 7 septembre de doutes « exagérés » sur l’économie chinoise, ainsi que d’« opportunités » pour les investisseurs.

Inquiétudes excessives

Encore mardi dernier, un mauvais indicateur sur l’industrie chinoise a fait replonger les grandes places mondiales de manière significative (-2,4% pour le CAC40 ce jour-là). Certes, le ralentissement de la production industrielle chinoise est une réalité. Néanmoins, les doutes qui sont récemment apparus sur la croissance réelle de la Chine seraient trop alarmistes, comme cela a déjà été plusieurs fois évoqué.

« L’économie chinoise ralentit davantage que souhaité par le gouvernement et se situe probablement en tendance autour d’un rythme de 6%, mais elle ne décroche pas », affirme ainsi Benjamin Melman, directeur de l’allocation d’actifs chez Edmond de Rothschild AM. Ceci vient rompre avec certains discours alarmistes selon lesquels la croissance chinoise réelle serait bien en-deçà du niveau officiellement affiché par les autorités chinoises.

Benjamin Melman poursuit : « rappelons que la stratégie des autorités chinoises vise à accélérer la transition d’une économie industrielle vers une économie davantage orientée vers les services et de mettre un terme au surinvestissement des entreprises et dans l’immobilier. Cette logique est saine car le modèle économique précédent était intenable dans la durée. Cette transformation implique de fait un ralentissement que le gouvernement cherche à contrôler et il dispose pour ce faire de vastes outils de politique économique. La dévaluation compétitive pourrait en faire partie mais il n’apparaît pas à ce stade que la banque centrale chinoise ait choisi d’infléchir fondamentalement sa politique de change et d’utiliser ce levier pour renforcer l’activité ».

En somme, « la crainte que la Chine se lance dans une politique de dévaluation compétitive nous semble donc infondée », affirme-t-il. Cette crainte d’une « guerre des monnaies » était apparue fin juillet-début août, pesant nettement sur les grandes places mondiales.

Entre prudence et opportunités

Malgré ce relativisme vis-à-vis des inquiétudes qui pénalisent les marchés, Edmond de Rothschild AM affiche une inévitable prudence. Dans sa note, la société de gestion évoque une « sous-pondération des actions émergentes », et préfère opter pour un « renforcement du poids des actions européennes au score maximum » - comprendre les entreprises les mieux notées par les agences de notation.

Et pour cause : « le ralentissement chinois produit indéniablement ses effets négatifs dans un grand nombre de pays émergents », affirme Benjamin Melman. Pour autant, la transmission des difficultés économiques asiatiques au reste du monde n’est pas avérée. La société de gestion mentionne ainsi la croissance américaine solide au second trimestre 2015, ainsi que l’indice Ifo allemand, qui était ressorti bon et même meilleur que prévu il y a deux semaines.

« Au regard de la résistance de la conjoncture des pays développés, il faudrait donc que l’économie chinoise ainsi que celle des pays émergents se dégradent davantage pour avoir un impact matériel sur les pays développés. Or, nous restons convaincus que les autorités chinoises continueront de chercher à piloter le ralentissement et se lanceront dans des politiques de relance si nécessaire », estime la société de gestion.

En somme, la récente baisse des prix des actions aurait été exagérée. « La correction des marchés actions en général et des valeurs cycliques en particulier intègre déjà un sérieux tassement des perspectives, qui n’est pourtant ni acquis ni même engagé », affirme Benjamin Melman, pour qui les opportunités d’achats à bon compte sont donc toujours présentes.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • M4358281 le mardi 8 sept 2015 à 10:23

    Surtout des robots !

  • michka21 le lundi 7 sept 2015 à 18:54

    vu les sommes engagees en bourse, je comprends que les courtiers tentent de rassurer leurs clients