Doutes à l'Opep sur un accord pour limiter la production

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    * Toujours pas de projet d'accord 
    * L'Iran et l'Irak s'opposent à l'Arabie saoudite 
    * Les cours du brut cèdent plus de 3,5% 
 
    par Ahmad Ghaddar et Vladimir Soldatkin 
    VIENNE, 29 novembre (Reuters) - L'Iran et l'Irak résistent 
toujours mardi à la pression de l'Arabie saoudite pour réduire 
la production de pétrole afin de soutenir les prix, ce qui fait 
planer un doute sur la possibilité d'un accord lors de la 
réunion des ministres de l'Opep qui se tiendra mercredi à 
Vienne. 
    "Le sentiment est mitigé", a déclaré à la presse le ministre 
indonésien de l'Energie, Ignasius Jonan. "Je ne sais pas, nous 
verrons". 
    Les investisseurs sont plutôt pessimistes quand aux chances 
d'un accord et les cours du brut léger américain  CLc1  comme du 
Brent  LCOc1  cèdent plus de 3,5% vers 15h45 GMT, le baril de 
brut léger (West Texas Intermediate, WTI) se rapprochant de la 
barre des 45 dollars le baril. 
    L'Organisation des pays exportateurs de pétrole, qui 
représente un tiers de la production mondiale, était parvenue en 
septembre à un accord de principe pour ramener sa production 
dans une fourchette comprise entre 32,5 et 33 millions de barils 
par jour (bpj), contre 33,64 millions de bpj actuellement. 
    Ryad est d'accord pour exempter l'Iran de cette réduction 
mais a suggéré que Téhéran, qui souhaite retrouver ses niveaux 
d'avant les sanctions, plafonne sa production à 3,8 millions de 
bpj, soit à peu près le volume actuel. 
    L'Iran, qui a laissé entendre qu'il voulait produire 4,2 
millions de bpj, a écrit de son côté à l'Opep que l'Arabie 
devait ramener sa propre production de 10,5 à 9,5 millions de 
bpj, alors que Ryad propose 10 millions, selon une source au 
sein du cartel. 
    L'Irak a lui aussi dit souhaiter une diminution limitée de 
ses pompages, en arguant des besoins financiers liés à la lutte 
contre l'organisation djihadiste Etat islamique (EI).  
    Le différend entre Ryad et Bagdad porte sur le chiffrage de 
la production irakienne, que l'Irak veut établir lui-même sans 
intervention des experts de l'Opep. 
     
    TENSIONS 
    Lundi, après plus de neuf heures de discussions, les experts 
de l'Opep, qui doivent présenter leurs recommandations aux 
ministres pour la réunion de mercredi, n'ont pas réussi à 
aplanir leurs divergences.   
    Le contexte reste tendu, non seulement entre membres du 
cartel mais aussi entre ce dernier et la Russie, qui n'en est 
pas membre. 
    L'Opep a annulé vendredi des discussions prévues avec des 
pays extérieurs à l'organisation, l'Arabie saoudite estimant que 
l'Opep devait d'abord s'accorder ur une réduction de sa propre 
production.  . 
    L'annonce en septembre d'un accord de principe pour encadrer 
la production avait donné un coup de fouet aux cours, permettant 
au Brent de repasser la barre des 50 dollars le mois dernier. 
    Mais après avoir nourri des interrogations, au vu de la 
faible ampleur de la baisse envisagée, sur l'impact réel 
qu'aurait un tel accord sur un marché saturé, les investisseurs 
commencent à se demander s'il verra le jour. 
    L'Arabie saoudite a achevé de semer le doute en disant 
dimanche que le marché pétrolier se rééquilibrerait de lui-même 
l'an prochain même sans intervention des pays producteurs. 
  
    Certains analystes, comme ceux de Morgan Stanley et de la 
banque australienne Macquarie, estiment que les cours du brut 
pourrait fortement baisser en l'absence de compromis à l'Opep, 
ce qui pourrait ramener le prix du baril jusqu'à 35 dollars. 
    Goldman Sachs, l'une des banques les plus présentes sur le 
marché du pétrole, a déclaré mardi prévoir un maintien des cours 
à 45 dollars en moyenne jusqu'à la mi-2017, même sans accord à 
l'Opep.  
     
 
 (Patrick Vignal pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 

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