Double victoire pour Rick Santorum, Mitt Romney fragilisé

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DOUBLE VICTOIRE POUR RICK SANTORUM DANS LE SUD DANS LA PRIMAIRE RÉPUBLICAINE
DOUBLE VICTOIRE POUR RICK SANTORUM DANS LE SUD DANS LA PRIMAIRE RÉPUBLICAINE

par John Whitesides et Deborah Charles

BIRMINGHAM, Alabama (Reuters) - Rick Santorum a remporté mercredi en Alabama et dans le Mississippi deux victoires aussi serrées que cruciales dans les primaires républicaines, qui lui permettent de démentir le caractère "inéluctable" de l'investiture de Mitt Romney et d'isoler un peu plus encore Newt Gingrich.

Après le décompte de la quasi-totalité des votes dans le Mississippi (40 délégués en jeu), Rick Santorum l'emporte avec un score de 33%, devançant de peu Newt Gingrich (31%) et Mitt Romney (30%). Un soulagement pour le candidat conservateur, qui avait dans un premier été donné battu par Mitt Romney dans cet Etat du "Sud profond" par un sondage à la sortie des urnes de CNN.

Il s'impose aussi en Alabama (50 délégués), avec un peu moins de 35% des voix, et précède ses deux rivaux dans le même ordre.

A Hawaï (17 délégués), où le dépouillement s'est terminé plus tard, c'est Mitt Romney qui l'emporte.

Dans la course aux délégués qui investiront le candidat républicain lors de la convention du parti, fin août en Floride, le mode de répartition à la proportionnelle est ainsi fait que Santorum ne profite pas vraiment de ses victoires pour réduire l'écart sur Romney.

Avant ces nouvelles consultations, l'ex-gouverneur du Massachussetts disposait de 446 délégués, soit 247 de plus que Santorum. L'écart ne devrait pas sensiblement évoluer après cette nouvelle nuit électorale.

"Romney va décrocher environ le tiers des délégués qui étaient en jeu ce soir. Ils peuvent continuer comme cela jusqu'en juin, et le différentiel entre Santorum et lui continuera de se creuser", analyse Rich Galen, consultant électoral du Part républicain. "C'est un peu trop tard pour Santorum", confirme son collègue Adam Temple.

"ON L'A ENCORE FAIT !"

Selon une projection de CNN, Mitt Romney reste largement en tête avec 489 délégués contre 234 à Rick Santorum - il en faut 1.144 pour être assuré d'obtenir l'investiture.

Mais une fois de plus, le candidat le plus riche et le mieux organisé de cette primaire républicaine démontre son incapacité à séduire l'électorat conservateur et sort une nouvelle fois fragilisé.

"On l'a encore fait", s'est exclamé un Rick Santorum radieux depuis son QG de campagne de Lafayette, en Louisiane, où les primaires auront lieu le 24 mars.

"Cette campagne est l'histoire de gens normaux qui font des choses extraordinaires", a ajouté, accompagné de sa famille pratiquement au complet, celui qui se présente comme le héraut des valeurs familiales, religieuses et du libre échange.

Signe de sa confiance croissante en ses chances d'obtenir l'investiture républicaine, il a réservé dans son discours autant de piques à l'administration Obama, qu'il a notamment accusée d'avoir laissé flamber les prix de l'essence, qu'à son rival Mitt Romney.

Pour Santorum, les sommes faramineuses que Romney dépense en achats d'espaces publicitaires sont la preuve que la victoire finale de celui qui fait la course en tête depuis pratiquement le début de la saison des primaires n'a aucun caractère "inévitable".

L'ex-sénateur de Pennsylvanie a aussi appelé les conservateurs à s'unir derrière sa candidature.

PRESSION SUR GINGRICH

Depuis l'Iowa, premier rendez-vous de la course à l'investiture du Grand Old Party, Rick Santorum dispute à Newt Gingrich la frange la plus à droite de l'électorat républicain, et cette "course dans la course" nuit aux intérêts du camp conservateur, qui voit en Mitt Romney un "modéré" incapable de battre Barack Obama le 6 novembre et de ramener les républicains à la Maison blanche.

"Le moment est venu pour les conservateurs de se rassembler", a déclaré Rick Santorum à Lafayette. "Si nous désignons un candidat conservateur, nous battrons Barack Obama."

Mais Newt Gingrich, pour l'heure, ne veut pas entendre parler de jet de l'éponge.

Se disant conforté par ses deux places de dauphin et le nombre "conséquent" de délégués remportés mardi soir, l'ancien président de la Chambre des représentants, qui a misé toute sa campagne sur la conquête du "Sud profond", dit encore croire qu'il est en mesure de fédérer l'électorat conservateur.

A Birmingham, dans l'Alabama, où il a passé la soirée électorale avec une centaine de ses partisans, il s'est lui aussi attaché à démonter le statut de Mitt Romney.

"La campagne que mènent les médias élitistes pour convaincre notre nation que Mitt Romney est inévitable vient de s'effondrer", a-t-il dit. "Quand on est le favori et qu'on ne se classe que troisième, on n'est plus vraiment un favori", a-t-il raillé.

Mais la pression va être de plus en plus forte pour que Gingrich, qui en est à 139 délégués selon CNN, retire sa candidature.

Les primaires républicaines, relève Rich Galen, sont devenues un duel entre Mitt Romney et Rick Santorum. "Mais avec Gingrich en course, c'est un duel dont l'un des deux protagonistes mènent deux guerres, et ce protagoniste, c'est Santorum."

Avec Sam Youngnam à Washington; Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français

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  • LeRaleur le mercredi 14 mar 2012 à 10:39

    Un nouveau Santorin... politique cette fois.