Double recours contre les éoliennes offshore vendéennes

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    NANTES, 17 novembre (Reuters) - Une association d'opposants 
au parc éolien prévu au large des îles d'Yeu et de Noirmoutier 
(Vendée) a assigné jeudi l'Etat devant le tribunal administratif 
de Nantes, pour obtenir l'annulation des autorisations 
d'exploitation accordées en juillet 2014 à un consortium mené 
par Engie  ENGIE.PA  (ex-GDF-Suez). 
    L'entreprise allemande WPD Offshore et sa filiale française 
- qui était associée à EDF Energies Nouvelles (EDF-EN)  EDF.PA  
dans le consortium concurrent évincé - ont demandé elles aussi, 
dans un recours distinct, à annuler l'appel d'offres. 
    L'association "Non aux éoliennes entre Noirmoutier et Yeu" 
(NENY) reproche en particulier au ministère de l'Environnement 
de ne pas avoir précédé d'une enquête publique l'attribution de 
ce parc éolien offshore, au terme du second appel d'offres 
gouvernemental sur le sujet. Seul un "débat public" avait été 
organisé, après que la décision contestée ait été prise. 
    Les opposants au parc éolien dit "des Deux-Îles" soutiennent 
aussi que "l'absence d'étude d'impact environnemental" entache 
d'irrégularité la procédure. Ils invoquent aussi un "risque de 
conflits d'usages" autour des côtes vendéennes, en raison du 
"trafic maritime du port de Saint-Nazaire". 
    Les éoliennes en mer pourraient également "mettre en péril 
la sécurité des pêcheurs" en perturbant leur système de 
géolocalisation, soutient l'association. 
     
    REJET PRÉCONISÉ PAR LE RAPPORTEUR PUBLIC 
    L'association "Non aux éoliennes entre Noirmoutier et Yeu" 
reproche enfin à l'Etat de ne pas avoir respecté le "principe de 
précaution" inscrit dans la Charte de l'Environnement, en dépit 
des "atteintes irréversibles" à l'environnement. 
    Reste que le rapporteur public a préconisé au tribunal 
administratif de Nantes de rejeter tous les arguments des 
requérants : la magistrate, dont les avis sont souvent suivis 
par les juges, considère que la décision attaquée était une 
simple "décision préparatoire", qui ne pouvait donc pas faire 
l'objet de recours en justice. 
    "Cette autorisation ne permet pas, à elle seule, de réaliser 
le parc éolien : il était soumis à bien d'autres", a-t-elle 
estimé dans ses conclusions. 
    Le rapporteur public a aussi suggéré de débouter WPD 
Offshore, qui veut faire condamner l'Etat à reprendre 
l'instruction de son dossier sous un mois, à raison de 1.500 
euros de pénalités par jour de retard. 
    Son recours serait irrecevable, selon elle: la société n'est 
que l'actionnaire minoritaire du consortium mené par EDF-EN, et 
n'aurait pas été lésée directement. 
    Le tribunal administratif de Nantes, qui a mis ses deux 
décisions en délibéré, rendra ses jugements le 15 décembre 
prochain. 
 
 (Guillaume Frouin, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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