Double enquête après la fuite de gaz de l'usine de Rouen

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ROUEN (Reuters) - Une double enquête, judiciaire et administrative, devra déterminer les causes des rejets de gaz nauséabond par l'usine Lubrizol de Rouen et s'il y a eu mise en danger de la population lors de l'accident industriel, lundi.

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a réaffirmé que les émanations de mercaptan, qui ont fait l'objet d'une première neutralisation dans la nuit, étaient sans danger pour les riverains compte tenu de leurs faibles doses.

Mais "c'est une situation parfaitement anormale qui aurait pu être évitée", a-t-elle déclaré à la sortie du conseil des ministres.

"C'est ce que l'enquête va permettre d'établir, de savoir précisément qu'elle en est l'origine et est-ce qu'il y a eu une faute ou est-ce qu'il y a eu négligence", a-t-elle ajouté.

L'enquête judiciaire, qui a débuté mardi, a été confiée à la section des recherches de la gendarmerie de Rouen, assistée de l'Office de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (OCLAESP).

Il s'agit d'une enquête sur la mise en danger éventuelle de la population par l'entreprise", a expliqué le procureur adjoint Jean-Claude Belot au Monde, daté de jeudi.

Le nuage de gaz mercaptan, que le gouvernement affirme sans danger à faible dose, a été ressenti dans la nuit de lundi à mardi jusque dans la région parisienne et sur la côte sud de l'Angleterre.

Une première opération visant à stopper le dégagement de gaz a commencé vers 01h00 dans la nuit de mardi à mercredi et d'autres se poursuivront les jours prochains.

LA NEUTRALISATION "SE PASSE BIEN"

"La neutralisation se passe bien, il n'y a plus de mercaptan autour de l'usine", a déclaré dans la matinée le préfet de Seine-Maritime Pierre-Henry Maccioni.

Les concentrations relevées mercredi matin sont inférieures aux seuils de détection aux abords de l'usine, ce qui permet aux 260 salariés des cinq usines avoisinantes de reprendre le travail, a précisé le directeur de la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, Patrick Berg.

Pour l'instant, deux tonnes de la solution délétère ont été traitées sur un total de 36 tonnes. Mais "il va y avoir une montée en charge", prévient le préfet, qui estime que "les opérations vont prendre plusieurs jours".

Jugeant que cette opération prendrait "un certain temps", la ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a pour sa part jugé qu'il valait mieux "prendre ce temps que de prendre des risques".

L'émanation de gaz est "sans doute" liée à "une négligence ou une faute", a-t-elle dit sur Europe 1.

Marc Parrad, avec Chine Labbé à Paris, édité par Yves Clarisse

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