Dossiers médicaux: 100.000 volontaires

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Le chiffre est inférieur aux prévisions mais 3500 nouveaux DMP sont désormais ouverts chaque semaine.

En un peu plus d'un an, 100.000 personnes se sont portées volontaires pour ouvrir leur dossier médical personnel (DMP). L'Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip-Santé) a annoncé ce résultat jeudi, lors de sa conférence annuelle. Ce dossier virtuel, pouvant regrouper sur un serveur informatique antécédents, ordonnances, diagnostics, comptes-rendus d'hospitalisation ou d'analyses, voire images de scanner ou d'IRM, est accessible et modifiable par les professionnels de santé avec l'accord de leur patient.

Alors que le député PS Gérard Bapt vient de demander un audit de la Cour des comptes, dénonçant un dispositif coûteux et trop centralisé, le pilote du DMP, Jean-Yves Robin, directeur de l'Asip-Santé, a martelé hier: «Oui, le DMP a tenu son planning. Oui, il existe sur le terrain. Oui, il a maîtrisé son coût.» Soit 94 millions d'euros pour cinq ans d'expérimentations, puis 60 millions pour commencer la généralisation. Mais, reconnaît Jean-Yves Robin, «il nous reste à développer les usages» - un dossier contient en moyenne 2 documents pour le moment.

Si le directeur de l'Asip-Santé a du mal à cacher une pointe d'agacement, c'est que le DMP est né avec une maladie qui le fragilise toujours: le scepticisme. La faute à ses «parents», Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand qui, en 2004, avaient promis d'en équiper tous les Français mi-2007, au point de vouloir baisser les remboursements de ceux qui ne l'utiliseraient pas. Un flop.

Les médecins réclament une rémunération

Le projet est reparti de zéro fin 2009, sous l'impulsion de Roselyne Bachelot. Jean-Yves Robin espérait un décollage plus rapide - il avait avancé «l'ordre de grandeur de 2 millions de dossiers ouverts en 2011». Mais, justifie-t-il, les premiers logiciels permettant aux professionnels de santé de transférer en un clic les données de leur propre ordinateur vers le DMP d'un patient sont arrivés avec retard (seuls 1% des médecins en sont équipés). Les syndicats médicaux réclament aussi, plus ou moins directement, une rémunération pour le temps passé à mettre à jour les DMP - ils n'ont pourtant pas intégré ce critère dans la «rémunération à la performance» des généralistes qu'ils viennent de mettre en place avec l'Assurance-maladie. Enfin, dans les 72 hôpitaux et cliniques «convertis» sur 3000, l'ouverture d'un DMP est rarement proposée systématiquement à l'admission, contrairement à ce que l'Asip-Santé imaginait, mais dans quelques services seulement.

Malgré tout, Jean-Yves Robin se dit convaincu que la machine est, cette fois, lancée, avec un nombre de dossiers ouverts chaque semaine en hausse constante (3500 actuellement). Nouvel objectif: «300.000 dossiers fin 2012, et un million de DMP au cours de l'année prochaine».

Le candidat François Bayrou - rallié par Philippe Douste-Blazy… - veut accélérer: pour lui, le DMP, en évitant de refaire plusieurs fois les mêmes examens ou de prescrire des médicaments incompatibles, permettra d'économiser 4 milliards par an. Ce chiffre «n'est pas raisonnable, désapprouve le président de l'Asip-Santé, Michel Gagneux. C'est un projet à long terme, qui ne rapportera pas d'économies avant longtemps, même si je suis convaincu qu'il sera au final facteur d'efficience. Tout expert qui vous cite un chiffre quelconque vous ment».

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  • ccondem1 le samedi 17 mar 2012 à 23:33

    Il y a tant de gens qui n'y connaissent rien qui vont se sentir un devoir de s'exprimer électoralement dans un mois. Je n'en serai pas...Mais au fait, "bordo" aurait quelle qualification sur ce dossier précis pour dénigrer ma position sans rien savoir de la mienne ?

  • bordo le vendredi 16 mar 2012 à 18:09

    Moi j'aime bien les gens qui parlent sans savoir. ccondem1 n'y connaît RIEN, mais il s'exprime. Le dénigrement systématique, cela commence à bien faire.

  • ccondem1 le vendredi 16 mar 2012 à 07:15

    Un futur naufrage financier de plus !