Dorval Finance prudent pour 2012, mise sur le rendement-risque

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par Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Dorval Finance reste prudent sur les actions et favorise les Etats-Unis et les pays émergents en ce début d'année 2012, la société de gestion privilégiant les actifs offrant le meilleur couple rendement-risque dans un environnement incertain marqué par le ralentissement de l'économie mondiale.

Dans un contexte où les décisions politiques ont pris le pas sur les fondamentaux économiques, la volatilité des marchés devrait demeurer élevée alors que l'agenda politique dominera l'année en Europe et aux Etats-Unis, estime la société de gestion, dont les encours dépassent 250 millions d'euros.

"Globalement, sur l'année, on voit un marché qui peut être en légère progression avec un premier semestre qui pourra être plutôt chahuté. On peut connaître un point bas d'ici au 30 juin avant de repartir", a expliqué mercredi lors d'une conférence de presse Louis Bert, président de Dorval Finance.

Selon lui, les prochains mois devraient être marqués par l'alternance de phases de rémission et de rechute des marchés tandis que devraient se poursuivre les révisions à la baisse des prévisions de résultats.

"Les analystes sont quand même très en retard dans leurs prévisions de croissance, ils ont toujours des prévisions de croissance des résultats à deux chiffres pour 2012, ce qui nous semble franchement optimiste", a déclaré Louis Bert.

"PRÊTER À CEUX QUI N'EN ONT PAS BESOIN"

La société de gestion estime en revanche que des opportunités intéressantes apparaissent dans la sphère du crédit: obligations américaines à haut rendement ou dette émergente en dollar, les fondamentaux des finances publiques des pays émergents étant extrêmement sains.

"Pour bénéficier de la bonne santé des entreprises, on va leur prêter de l'argent. Le mieux c'est toujours de prêter de l'argent aux gens qui n'en ont pas besoin", a expliqué Gustavo Horenstein, cogérant des fonds Dorval Flexible Monde et Dorval Flexible Emergents chez Dorval Finance.

"On va donc prêter de l'argent aux entreprises américaines, qui n'en ont pas besoin et qui ont beaucoup de cash, du coup on est à peu près sûrs d'être remboursés", a-t-il ajouté.

Anticipant un recul de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro en 2012, Dorval Finance juge inévitable une récession dans la région mais ne s'attend pas à une implosion de la zone, dont les Etats membres vont devoir lever 1.200 milliards d'euros cette année.

Conséquence, Dorval Finance préfère rester prudent sur les valeurs domestiques européennes et les secteurs les plus régulés comme les banques ou les "utilities", qui pourraient pâtir de nouvelles taxations et de changements de réglementation, et voit s'assombrir l'environnement des groupes dépendants de l'Etat et des collectivités locales, comme les télécoms ou le BTP.

Les valeurs exportatrices, notamment dans le secteur du luxe ou des biens d'équipements, devraient en revanche profiter d'une baisse de l'euro et d'un différentiel de croissance favorable en dehors de la zone euro.

"Il va falloir aller chercher cette croissance à travers les entreprises les plus exposées à la croissance internationale, ce qui nous fait mécaniquement tourner le dos aux valeurs les plus domestiques dans lesquelles on retrouve souvent les valeurs à haut rendement", a indiqué Louis Bert.

Gustavo Horenstein a précisé qu'en termes de choix géographiques, la société de gestion privilégiait les zones offrant la meilleure visibilité - Etats-Unis et pays émergents - les émergents devant connaître une phase de reflation, favorable aux obligations, avant une phase de reprise qui pourrait débuter entre le deuxième et le troisième trimestre 2012.

Edité par Marc Angrand

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