Dopage: un an de prison pour l'affaire Puerto

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LE DR FUENTES CONDAMNÉ À UN AN DE PRISON POUR UNE AFFAIRE DE DOPAGE
LE DR FUENTES CONDAMNÉ À UN AN DE PRISON POUR UNE AFFAIRE DE DOPAGE

MADRID (Reuters) - Le médecin espagnol Eufemiano Fuentes, personnage central de l'affaire Puerto, enquête contre le dopage menée en 2006 en Espagne, a été condamné mardi à un an de prison pour violation des règles de santé publique.

Le verdict interdit également au Dr Fuentes de pratiquer la médecine sportive pendant quatre ans et lui inflige une amende.

Parmi les autres accusés, Ignacio Labarta a été condamné à quatre mois de prison et s'est vu interdire la pratique la médecine pendant quatre ans.

Les anciens directeurs d'équipe Manolo Saiz et Vicente Belda ainsi que la soeur du Dr Fuentes, Yolanda, ont tous été acquittés.

La juge Julia Santamaria a par ailleurs décrété que les éléments du procès, dont les résultats de saisies de stéroïdes anabolisants, matériel de transfusion et poches de sang, ne pouvaient être communiqués aux responsables de la lutte antidopage.

Cet arrêt court-circuite l'Agence internationale antidopage (Ama), l'Union cycliste internationale (UCI), la Fédération espagnole de cyclisme et le Comité olympique italien qui comptaient sur ces éléments.

"C'est honteux. Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi ils ont pris la peine d'inculper quelqu'un pour arriver à un tel verdict", a réagi au micro de Reuters Télévision Jesus Manzano, qui avait fourni des preuves dans ce dossier.

"Il ne faut pas être juge pour prononcer un verdict comme celui-là, un maçon aurait pu le faire", a-t-il ajouté.

Présent au tribunal, Manolo Saiz a fait part de son soulagement : "Pour moi, l'Opération Puerto est terminée et je veux tourner la page. Je veux aussi remercier ma famille, mon avocat et mes amis pour leur soutien", a-t-il dit.

Dans la mesure où la législation espagnole antidopage n'était pas encore en vigueur en 2006, lorsque la police a saisi les preuves, les cinq prévenus étaient seulement accusés d'infraction aux lois sur la santé publique.

Le ministère public avait requis des peines de deux ans de prison ferme.

"Il a été prouvé que, au moins depuis 2002, le Dr Fuentes s'est livré à des pratiques qui consistaient à prélever du sang et à le transfuser par la suite, l'objectif étant d'améliorer artificiellement les performances physiques", précise le verdict.

"Dans certains cas, en plus du prélèvement et de la transfusion de sang, Fuentes a fourni aux coureurs certains produits pharmaceutiques figurant sur la liste des substances proscrites dans le sport."

Le verdict fait mention notamment d'EPO, d'hormones de croissance et de testostérone.

"Fuentes a planifié le système et a coordonné la préparation de chaque coureur en fonction du calendrier des compétitions", peut-on également lire dans le verdict qui fait état des risques sanitaires encourus par les cyclistes concernés.

Fuentes a toujours démenti avait pratiqué le dopage mais a aussi dit dans sa déclaration liminaire du procès avoir eu pour patients d'autres sportifs, dont des joueurs de football et de tennis, des athlètes et des boxeurs.

Mark Elkington, Jean-Paul Couret et Simon Carraud pour le service français

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