Dopage: le cyclisme n'est pas encore "un monde parfait"

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LE CYCLISME N'EST PAS ENCORE UN "MONDE PARFAIT"
LE CYCLISME N'EST PAS ENCORE UN "MONDE PARFAIT"

NICE (Reuters) - Le cyclisme se remet peu à peu de l'affaire Armstrong et va mieux, même s'il n'a pas encore chassé le fantôme des affaires de dopage, a affirmé samedi le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme, dans un entretien accordé à Reuters.

"Ce n'est pas un monde parfait mais c'est assurément plus sain. Le vélo a tiré des leçons", a dit le patron du Tour à l'issue de la sixième étape de Paris-Nice, estimant que son sport manquait encore de "sérénité".

"La photographie de l'époque Armstrong, ce n'est pas le cyclisme d'aujourd'hui. Aujourd'hui, on n'est pas dans un cyclisme parfait mais on est dans un cyclisme qui a déjà changé."

"Oui, le cyclisme s'est trompé, oui, il a fauté plus que les autres et avant les autres."

Mais selon Christian Prudhomme, la multiplication des scandales de dopage, notamment les cas Floyd Landis, Alberto Contador et Armstrong, ont obligé ce sport à entamer sa mue, avec notamment l'adoption du passeport biologique en 2008.

"Il n'y a qu'à voir d'ailleurs que le passeport biologique a été introduit dans le vélo il y a déjà quatre ans et de voir que la Fédération internationale de tennis (ITF) a décidé il y a deux jours de l'utiliser aussi", a dit le directeur du Tour.

L'ITF a annoncé jeudi l'adoption dans le tennis de ce document électronique qui garde en mémoire les résultats de tests sur la longue durée afin de déceler des évolutions suspectes des données physiologiques.

Car les affaires ont eu un rôle bénéfique, selon Christian Prudhomme, dans la mesure où elles ont contraint les autorités à durcir et à rendre plus efficace la politique antidopage.

"Ç'a été une des difficultés des crises antidopage ces dernières années parce que, en vérité, il n'y a jamais eu de crise mondiale jusqu'à Armstrong. Donc chacun donnait sa réponse", a-t-il dit.

"Là, la crise était tellement importante que le puzzle se met en place et c'est ça la chance du vélo."

"Si le cyclisme a pu résister comme il a résisté malgré toutes les affaires depuis 15 ans, c'est bien parce que dans certains pays il a des racines profondes. Ces racines-là, il faut évidemment les défendre", a-t-il expliqué, ajoutant que son sport avait ainsi réussi à repartir de l'avant.

"Les gens y croient de nouveau", a-t-il conclu.

Julien Prétot, avec Simon Carraud

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