Dopage: Lance Armstrong aurait avoué

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LANCE ARMSTRONG AURAIT RECONNU S'ÊTRE DOPÉ
LANCE ARMSTRONG AURAIT RECONNU S'ÊTRE DOPÉ

par Corrie MacLaggan

AUSTIN, Texas (Reuters) - Radié à vie du cyclisme, déchu de ses sept victoires dans le Tour de France, après des années de dénégation, Lance Armstrong a finalement reconnu lundi s'être dopé au cours de sa carrière, rapporte le journal USA Today.

Cette confession, le coureur texan l'aurait faite lors d'un entretien de deux heures et demie qu'il a enregistré avec la célèbre animatrice de télévision Oprah Winfrey, chez lui à Austin.

L'interview pour laquelle Lance Armstrong est arrivé "préparé", selon l'expression employée par Winfrey sur son compte Twitter, doit être diffusée jeudi.

Mais depuis plusieurs jours la presse américaine spécule sur la possibilité que le champion texan, âgé de 41 ans, saisisse cette occasion qu'il a acceptée la semaine passée pour avouer avoir triché.

USA Today cite une source anonyme à l'appui de son information qui n'a été confirmée ni par Armstrong, ni par l'animatrice.

"Nous ne confirmons aucun détail particulier concernant l'interview pour le moment", a déclaré un porte-parole du network OWN dont la productrice de télévision est propriétaire.

Malgré tout, les choses se sont accélérées lundi et Oprah Winfrey a prévu d'être sur le plateau de la chaîne CBS mardi matin pour parler de cet entretien.

Selon CBS, Lance Armstrong aurait indiqué être prêt à témoigner contre d'autres personnes impliquées dans le dopage et serait en pourparlers pour rembourser une partie des revenus touchés au cours de sa carrière et provenant de l'argent public.

L'interview qui devait se dérouler dans la résidence du coureur a finalement eu lieu dans un hôtel du centre d'Austin en raison de la présence de plusieurs équipes de télévision installées devant son domicile.

Avant cet entretien, Lance Armstrong avait visité la fondation qu'il a créée en 1997 après avoir vaincu un cancer des testicules et a exprimé ses regrets au personnel pour les "tensions" causées par les accusations portées contre lui.

"Il a eu une conversation privée avec une centaine de membres du personnel qui travaillent pour la fondation depuis de nombreuses années", a dit Katherine McLane, porte-parole de la Livestrong Foundation.

"Très sincèrement, du fond du coeur, il a dit ses regrets pour toutes les tensions que le personnel a dû subir ces dernières années en raison de l'attention des médias", a-t-elle ajouté. Il a ensuite consulté ses avocats avant de rejoindre Oprah Winfrey.

DIMENSION JUDICIAIRE

Armstrong, qui n'a jamais été contrôlé positif, a toujours vivement démenti avoir eu recours à des produits dopants pour augmenter ses performances sportives et dominer l'épreuve reine du Tour de France pendant sept années.

En octobre, un rapport de l'agence américaine de lutte contre le dopage (USADA) affirmait pourtant que le champion texan avait eu recours à des substances prohibées tout au long de sa carrière.

L'USADA, qui l'accusait d'être un menteur et un tricheur, soutenait qu'il avait mis au point l'un des systèmes les plus sophistiqués, les plus professionnels et les plus efficaces pour organiser le dopage dans les équipes pour lesquelles il courait.

Ce rapport avait entraîné une radiation à vie du coureur qui avait également été déchu de ses sept victoires dans le Tour de France entre 1999 et 2005 d'abord avec la formation US Postal puis avec Discovery Channel.

Face aux nombreux documents fournis par l'USADA à l'appui de ses accusations, Armstrong avait décidé de ne plus contester les charges pesant contre lui, un moyen de maintenir l'affaire sur le terrain sportif et d'éviter qu'elle ne prenne une dimension judiciaire.

Ses sponsors dont Nike, qui lui étaient jusqu'alors restés fidèles, commençaient à le lâcher et il devait démissionner de son poste de président de la fondation Livestrong.

Les aveux qu'Armstrong aurait prononcés lundi ne mettent pourtant pas fin à sa chute.

Son ancien équipier Floyd Landis, lui aussi déchu de sa victoire dans le Tour de France, a engagé des poursuites contre lui pour escroquerie publique et le Sunday Times le poursuit pour diffamation avec une demande de 500.000 dollars de dommages et intérêts.

Armstrong pourrait même être contraint de rendre 7,5 millions de dollars touchés au titre des bonus que lui a versés la société SCA Promotions, basée à Dallas, à chacune de ses victoires dans le Tour de France.

avec Frank Pingue; Pierre Sérisier pour le service français

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