Dopage: Jaschke met la défense de Fuentes en doute

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L?ANCIEN COUREUR CYCLISTE JÖRG JASCHKE MET EN DOUTE LA DÉFENSE D?EUFEMIANO FUENTES
L?ANCIEN COUREUR CYCLISTE JÖRG JASCHKE MET EN DOUTE LA DÉFENSE D?EUFEMIANO FUENTES

MADRID (Reuters) - L'ancien coureur cycliste Jörg Jaschke a déclaré lundi dans le cadre du procès de l'affaire Puerto que les traitements reçus du docteur Eufemiano Fuentes étaient destinés à dissimuler le dopage et n'avaient rien de thérapeutique.

Premier coureur professionnel à témoigner dans ce procès à Madrid, Jaschke pourrait peser sur le tribunal qui doit dire si Fuentes et ses quatre co-accusés ont violé les lois sur la santé publique.

Les cinq mis en cause comparaissent pour ce motif puisque la législation antidopage n'était pas en vigueur en 2006 lorsque la police a procédé à la saisie de stéroïdes anabolisants, poches de sang et matériels de transfusion qui a abouti au procès.

Jaschke a été le premier coureur à avouer avoir eu recours au dopage sanguin dans la dite "enquête Puerto".

En juin 2007, Jaschke avait déclaré au magazine allemand Der Spiegel avoir pris des substances interdites pendant dix ans et avoir figuré, en 2005, parmi les clients du docteur Fuentes qu'il allait consulter "comme on va faire une vidange d'huile".

Lundi, il a réitéré ses propos devant la cour, expliquant que Fuentes avait pratiqué des transfusions sanguines et lui avait fourni des produits interdits, dont de l'érythropoïétine (EPO).

Il lui donnait en outre une "poudre blanche" pour contaminer les échantillons d'urine, a-t-il ajouté.

"Il n'était jamais question de santé. Je savais que c'était interdit sur le plan sportif, légalement je ne savais pas", a déclaré Jaschke.

Ce procès est particulièrement suivi par les autorités antidopage qui espèrent y voir apparaître des preuves de cas de dopage dans d'autres sports que le cyclisme, Fuentes ayant lui-même dit avoir travaillé avec d'autres athlètes, dont des footballeurs et des joueurs de tennis.

Lorsqu'il avait proposé de donner leur nom, la juge Julia Santamaria lui avait répondu qu'il pouvait le faire mais qu'elle ne l'y contraindrait pas car cela constituerait une violation des droits des personnes citées.

Un autre coureur, l'Italien Ivan Basso, a témoigné lundi par visioconférence et déclaré qu'il s'était fait prélever du sang à trois reprises dans la clinique d'un autre médecin impliqué mais n'avait jamais reçu de transfusion.

Basso, double vainqueur du Giro et qui parlait de Tenerife, dans les Canaries, où est situé son camp d'entraînement, a dit avoir cédé à la tentation parce qu'il voulait gagner le Tour de France 2006.

Il avait été exclu cette année-là de la Grande Boucle, comme d'autres coureurs liés à Fuentes et ses associés, et avait été suspendu deux ans après avoir avoué une "tentative de dopage".

"Je rêvais d'être le meilleur coureur de tous les temps depuis que j'étais enfant", a dit Basso.

"Fuentes m'a dit qu'on pouvait travailler avec son propre sang et que c'était une procédure valide, donc j'ai accepté."

Le procès doit durer jusqu'en mars. Alberto Contador, privé de l'une de ses trois victoires dans le Tour de France pour dopage, doit témoigner le 22 février. L'audition de l'Américain Tyler Hamilton est prévue trois jours avant.

Iain Rogers; Gregory Blachier pour le service français, édité par Guy Kerivel

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