Dopage: Fuentes dit avoir travaillé pour de nombreux sports

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LE DOCTEUR FUENTES DIT AVOIR OFFICIÉ POUR D?AUTRES SPORTS QUE LE CYCLISME
LE DOCTEUR FUENTES DIT AVOIR OFFICIÉ POUR D?AUTRES SPORTS QUE LE CYCLISME

MADRID (Reuters) - Le docteur Eufemiano Fuentes, accusé d'être le cerveau d'un vaste réseau de dopage, a déclaré mardi au tribunal avoir fourni des clients de nombreux sports dont le football, le tennis, l'athlétisme ou la boxe.

Fuentes est jugé à Madrid avec quatre autres prévenus dans le procès de l'affaire Puerto, près de sept ans après la saisie de matériel de transfusion, de poches de sang et de stéroïdes anabolisants qui a permis de mettre ce réseau au jour.

Ce procès est particulièrement suivi car les autorités antidopage, représentées au tribunal, espèrent qu'il aboutira à la découverte de cas de dopage dans d'autres sports que le cyclisme, premier concerné par cette affaire.

Fuentes, qui nie avoir contribué au dopage, n'est apparu que mardi devant la cour, le procès qui doit s'achever en mars ayant pris beaucoup de retard dès les premières heures.

Il a finalement été interrogé après que le tribunal, présidé par la juge Julia Santamaria, a accepté la citation comme témoin de l'ancien coureur cycliste Tyler Hamilton, déposée par le parquet.

La magistrate a aussi déclaré qu'elle étudierait une demande écrite de l'Agence mondiale antidopage qui souhaite avoir accès aux poches de sang.

Vêtu d'un costume bleu sombre, Fuentes a répondu pendant trois heures aux questions de la juge sur les transfusions et les autres services qu'il a fournis aux sportifs.

Il a décrit avec précision comment il aidait les athlètes à contrôler leur taux de globules rouges par des prélèvements ou des transfusions.

"LES CLIENTS NE VOULAIENT PAS SE CROISER"

Les poches de sang saisies en 2006, dont certaines contenaient des traces d'EPO, ont été attribuées par l'enquête à de nombreux coureurs cyclistes dont Ivan Basso, double vainqueur du Giro, ou Jan Ullrich, qui avaient tous deux été exclus du Tour de France cette année-là.

Fuentes a dit au tribunal avoir travaillé avec des athlètes de "tous types" de sports et a mentionné spécifiquement le cyclisme, le football, le tennis, l'athlétisme ou la boxe, soulignant toutefois que l'immense majorité étaient des cyclistes.

La juge n'a pas demandé plus de précisions sur les sports ni de noms ou de nationalités.

Les poches de sang portaient des noms de code et des noms pour chaque client que Fuentes retrouvait dans des hôtels de Madrid.

Interrogé sur les noms, Fuentes a dit que "parfois, les clients demandaient à utiliser un pseudonyme, toujours plus pratique qu'un nom et un prénom".

"Les clients ne voulaient pas se croiser. Si vous vous faites poser des implants mammaires, vous ne voulez pas tomber sur quelqu'un que vous connaissez à la clinique", a-t-il ajouté en évoquant le choix d'exercer dans des hôtels.

Soumis ensuite aux questions du procureur puis des avocats représentant l'Agence mondiale antidopage, la Fédération espagnole de cyclisme et l'Union cycliste internationale, Fuentes a fait valoir son droit au silence.

Impassible, il a donc laissé nombre d'interrogations sur les transfusions sanguines, les substances illégales saisies et bien d'autres sans réponse.

Iain Rogers avec Silvio Castellanos; Gregory Blachier pour la version française, édité par Jean-Philippe Lefief

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