Dopage: dénouement imminent dans l'affaire Armstrong

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L'UNION CYCLISTE INTERNATIONALE SUR LE POINT DE STATUER SUR LANCE ARMSTRONG
L'UNION CYCLISTE INTERNATIONALE SUR LE POINT DE STATUER SUR LANCE ARMSTRONG

par Julien Pretot

PARIS (Reuters) - L'affaire Armstrong va connaître son dénouement lundi à Genève avec le verdict de l'Union cycliste internationale mais le dossier va sans doute continuer à faire des vagues.

Le président de l'UCI Pat McQuaid tiendra une conférence de presse à 11h00 GMT et il semble difficile qu'il n'annonce pas que la Fédération ratifie la suspension à vie infligée au coureur américain et le retrait de ses sept victoires au Tour de France prononcés par l'agence américaine antidopage Usada.

Pat McQuaid a déjà déclaré le mois dernier qu'il ne voyait pas de raison de faire appel de la décision de l'Usada mais attendrait d'avoir consulté le dossier de l'affaire dans laquelle Lance Armstrong a renoncé à se défendre.

Le rapport de l'Usada publié la semaine dernière est un document d'un millier de pages accablant pour l'ancien coureur américain, accusé d'avoir été au coeur du programme de dopage le plus élaboré de l'histoire du sport.

Le dossier repose sur les témoignages de 26 personnes dont 15 coureurs qui font un tableau terrifiant d'années de dopage.

Si l'UCI rejette les conclusions de l'Usada, elle transmettra l'affaire au Tribunal arbitral du sport.

Si la Fédération confirme qu'Armstrong est déchu de ses sept victoires dans le Tour, Christian Prudhomme, directeur de la course, a d'ores et déjà fait savoir que les titres ne seraient pas réattribués car, explique-t-il, c'est une époque entière qui s'est perdue dans le dopage.

L'UCI se retrouve cependant dans une position inconfortable car certains n'hésitent pas à la rendre responsable des longues années d'impunité de Lance Armstrong.

CONSÉQUENCES FINANCIÈRES

Au centre du débat se trouve une déclaration d'Armstrong qui aurait dit à ses coéquipiers Floyd Landis et Tyler Hamilton avoir fait disparaître un contrôle positif par un paiement en 2001 et un don de 100.000 dollars fait à l'UCI l'année suivante.

Pat McQuaid a expliqué que cette somme avait servi à acheter "une machine de traitement des flacons de sang" dont l'UCI avait besoin et qu'il n'y avait "pas de conflit d'intérêt parce que Lance Armstrong était simplement un donateur".

Lance Armstrong affirme qu'il ne va "pas se laisser abattre" par le rapport de l'Usada et continuera à "aller de l'avant.

Certains de ses sponsors dont l'équipementier de sport Nike et le brasseur Anheuser-Busch ont cependant annoncé qu'ils le quittaient et il a dû renoncer à la présidence de sa fondation de lutte contre le cancer, Livestrong.

Des rumeurs circulent sur l'intention de l'ancien champion de faire des aveux et un acte de contrition publics mais il risquerait alors d'être poursuivi pour parjure car il a toujours nié s'être dopé.

Il pourrait en outre devenir la cible de poursuites financières et notamment d'une plainte du Sunday Times qu'il avait contraint à lui verser un million de dollars pour éviter un procès en diffamation.

Quelle que soit la décision de l'UCI lundi le sort de Johan Bruyneel, ancien mentor d'Armstrong, ne sera pas réglé car il proclame toujours son innocence et a décidé de poursuivre la procédure dans l'espoir d'être blanchi.

Le médecin Pedro Celaya, l'une des cinq personnes mises en cause par l'Usada, a choisi la même stratégie.

Les médecins Luis Garcia del Moral, Pepe Marti et Michele Ferrari ont quant à eux été suspendus à vie.

Les anciens équipiers de Lance Armstrong qui ont témoigné contre lui ont écopé de sanctions allégées.

Jean-Paul Couret pour le service français

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