Donzy et Châteaudun, le duel des villes-miroir

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DONZY ET CHATEAUDUN, LE DUEL DES VILLES-MIROIR
DONZY ET CHATEAUDUN, LE DUEL DES VILLES-MIROIR

DONZY/CHATEAUDUN (Reuters) - Donzy, dans la Nièvre, et Châteaudun, dans l'Eure-et-Loir, sont rarement sous les feux de l'actualité, sauf en période d'élection présidentielle.

Les médias nationaux affluent alors dans ces deux communes sans histoire, qui se disputent le titre de "ville-miroir", à savoir la particularité de voter "comme la France".

Les résultats enregistrés à Donzy et Châteaudun furent ainsi souvent quasi identiques, parfois même à la décimale près, à ceux observés pour l'ensemble de l'Hexagone.

Par exemple, au second tour de l'élection présidentielle de 2002, la sous-préfecture d'Eure-et-Loir avait donné Jacques Chirac gagnant avec 82,6% des suffrages, contre 82,21% au niveau national.

En 2007, c'est Nicolas Sarkozy qui l'emportait avec 54,66%, des voix contre 53,06% au plan national.

Donzy n'est pas en reste, avec des scores similaires aux résultats nationaux aux quatre dernières élections présidentielles.

"Nous avons un vrai mélange social ici, avec des employés, des ouvriers, des entrepreneurs et une large communauté d'agriculteurs, ce qui offre une vraie vision de la France", explique à Reuters Roger Blanchard, céréalier et maire adjoint de ce gros bourg de Bourgogne.

"Chez nous, la population est aussi le reflet de la France en matière de préoccupations quotidiennes, que ce soit le pouvoir d'achat, l'impression d'insécurité ou le chômage, répond en écho Didier Huguet, maire sans étiquette nouvellement élu à Châteaudun.

Malgré cette remarquable adhésion aux scores nationaux, les Dunois, peut être plus préoccupés par un climat économique morose, ne portent pas un intérêt particulier au scrutin présidentiel imminent.

PAS MIEUX QU'AILLEURS

"Châteaudun est un gros village qui a payé un lourd tribut économique du fait de la crise de 2008", explique Emmanuel Tremet, chef d'agence de l'Écho Républicain, le quotidien régional. "En 2008, la fermeture de l'entreprise Flextronics a mis plus de 600 personnes au chômage. Du coup, ici, la campagne de la présidentielle n'est pas plus captivante qu'ailleurs".

Les Donziais, eux aussi, ont leur soucis. L'un des principaux employeurs de la ville, l'usine Soyez, qui fabrique des pailles pour McDonald's et Coca-Cola, souffre ainsi de la compétition de pays produisant à bas coût, de la hausse des prix du pétrole et de l'euro fort.

Comment vont-ils voter ? Pour Gisèle Mercier, une enseignante de primaire à la retraite qui a voté socialiste en 2007, ce sera sûrement pour François Hollande.

Ici, le phénomène Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, fait un peu peur.

"Il y a toujours des gens ici qui s'imaginent que la gauche et les communistes vont leur mettre un couteau sous la gorge pour leur voler leurs économies", dit-elle.

A Donzy comme ailleurs, Nicolas Sarkozy semble faire moins recette qu'en 2007.

"La dernière fois, j'ai voté Sarkozy, pour le changement mais ça n'a pas marché", explique Henri Martin, un chauffeur de bus de 59 ans, qui a décidé cette fois de ne pas voter.

A Châteaudun, l'intérêt des médias tous les cinq ans ne fait pas que des heureux.

"Plusieurs sujets ont été consacrés à notre ville par des médias nationaux la dépeignant comme peu reluisante", déplore Christophe Seigneuret, directeur de la communication de la ville.

"Je pense que ça a contribué à refroidir les habitants. Du coup, ils ne sont ni inquiets, ni passionnés par ce phénomène de ville-miroir."

édité par Patrick Vignal

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