Dons : l'autre façon de réduire l'ISF

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INFOGRAPHIES - Les contribuables ont adopté le mécanisme qui leur permet de réduire leur impôt en faisant des dons à des causes qui leur sont chères. Ils donnent en moyenne 2156 euros par an selon le sondage Ipsos pour les Apprentis d'Auteuil que nous publions en avant-première.

Vous préférez payer des impôts ou soutenir la recherche médicale, l'insertion ou une autre cause dont vous vous sentez proches? Posée comme cela, la question trouve une réponse rapide dans beaucoup de foyers fiscaux. D'autant que nombre de contribuables assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune ont le sentiment que la barque des impôts est désormais beaucoup trop lourdement ­chargée.

La majorité des personnes qui paient l'ISF soutiennent plusieurs associations. «81 % des assujettis à l'ISF ont donné à plus d'une association, c'est un chiffre très positif, une bonne nouvelle à un moment où le «marché» de la générosité est stagnant. Les Français qui donnent à une seule cause sont de plus en plus rares», remarque Xavier Delattre, directeur des Relations bienfaiteurs des Apprentis d'Auteuil. Selon l'étude Ipsos/Apprentis d'Auteuil, réalisée par internet en février et mars 2014 auprès de personnes qui paient l'ISF, ce sont la santé, la recherche médicale, l'aide aux plus démunis et l'enfance qui constituent les causes les plus soutenues. Avec une vraie fidélité: 80 % des personnes interrogées ont donné aux mêmes organismes que les ­années précédentes.

Alors qu'il est de plus en plus difficile aux associations et aux fondations de trouver de nouveaux donateurs, les donateurs «ISF», eux, ne faiblissent pas, ce qui les rend d'autant plus précieux. «Ils sont 45 % à donner autant qu'avant et 32 % à donner plus qu'avant. Le don moyen s'élève à 2156 euros alors que selon France Générosités, le don moyen des Français est de 384 euros par an», souligne Xavier Delattre. Pour 75 % des personnes interrogées, faire des dons importants à des associations ou à des organismes caritatifs, «est une façon de donner à d'autres la chance dont ils ont ­bénéficié».


Pour les organismes qui les reçoivent, les dons «ISF» constituent une manne non négligeable. Et ce, même si le seuil de déclenchement de l'ISF ayant été relevé ces dernières années, la «population cible» de la mesure est moins importante. «À la Fondation de France, nous avions 3500 donateurs ISF en 2010 et nous en avons eu un peu moins de 3000 l'an dernier, mais le montant global des dons, lui, a augmenté» explique Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France. Pour elle (et les fondations abritées), ce sont près de 10 millions d'euros qui ont été collectés grâce aux dons ISF l'an dernier. Davantage que trois ans plus tôt (7,7 millions d'euros en 2010). «Les sommes collectées ont été redistribuées pour financer des projets d'intérêt général, en priorité pour soutenir la recherche médicale, mais aussi des associations de quartier agissant au plus près des besoins des personnes en difficulté» précise la Fondation de France, qui propose cinq causes prioritaires (cancer, environnement et santé, enfance, personnes âgées, habitat) dans sa campagne ISF, de manière à couvrir un spectre de causes assez large pour convaincre le plus grand nombre de sensibilités.


Pour les Apprentis d'Auteuil aussi, les dons ISF sont essentiels. Ils ont représenté l'an dernier 6,5 millions d'euros. À quoi servent-ils? «Cela nous permet d'augmenter le nombre de jeunes que nous suivons et d'innover. Nous accueillons 15.000 jeunes aujourd'hui, contre moins de 5000 il y a dix ans», ajoute Xavier Delattre. Face à une demande qui augmente notamment en raison de la précarisation des familles mono-parentales, les Apprentis d'Auteuil ont par exemple ouvert l'an dernier près de Lille un foyer d'accueil pour former des jeunes en grande difficulté aux métiers de l'éco construction. «Sans les dons ISF, cela n'aurait pas été possible. Une cinquantaine de jeunes sont en train d'être formés dans ce foyer à ces métiers de demain» conclut Xavier Delattre. Impossible de faire le tour de toutes les causes, tant le monde de la générosité foisonne de belles initiatives, mais sur les sites des fondations et organismes aptes à recevoir les dons, un vrai effort de pédagogie est fait et les dons en ligne sont possibles. De quoi aller plus loin...



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  • jbany le vendredi 25 avr 2014 à 10:47

    On peut se demander si il y a de la générosité dans ces dons qui permettent d'obtenir en échange des avantages financiers. En fait le système produit un double avantage. Un, soutenir une cause, une action, un parti auquel on est associé, et deux obtenir un retour financier.

  • M3182284 le jeudi 24 avr 2014 à 22:58

    On préfère donner à une entité à laquelle on adhère, surtout quand l'Etat ne représente plus du tout la communauté identitaire qui rendrait l'impôt léger. Quand l'usage des dépenses, au profit de gens qui haïssent et jalousent les donateurs fait que toute alternative est préférable à l'impôt.