Dons et demandes de stérilets en hausse au Planning familial US

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    par Jilian Mincer et David Ingram 
    NEW YORK, 12 novembre (Reuters) - Planned Parenthood, le 
Planning familial américain, dit recevoir plus de dons qu'à 
l'accoutumée depuis l'élection de Donald Trump à la présidence 
des Etats-Unis et fait aussi état d'une forte hausse des 
demandes de moyens contraceptifs de longue durée. 
    Les patients s'interrogent sur ce que sera la présidence de 
l'homme d'affaires républicain en ce qui concerne l'accès à 
l'avortement et au contrôle des naissances, expliquent les 
responsables du Planning familial. 
    Avec une administration républicaine et un Congrès 
républicain, certains anticipent une baisse des financements du 
Planning familial dont les 650 centres de santé dépendent pour 
moitié des financements publics et notamment de Medicaid, 
l'assurance-maladie des personnes à faibles ressources. 
    Donald Trump s'est montré ambigu. Pendant la campagne 
électorale, il a promis d'abroger l'Obamacare, la loi de son 
prédécesseur démocrate instaurant une assurance-maladie pour 
tous - et le remboursement d'un nombre important de dispositifs 
contraceptifs. Mais le président-élu a aussi déclaré au Wall 
Street Journal vendredi qu'il n'excluait pas de conserver 
certaines dispositions de l'Affordable Care Act.   
    Et une partie de son entourage et de ses sympathisant est en 
général opposée à l'avortement. 
    Carol Tobias, présidente du Comité national pour le droit à 
la vie, opposée à l'avortement, a dit qu'elle ferait tout pour 
couper les vivres aux centres de planning familial. "Je suis 
très optimiste", dit-elle. 
    Coïncidence ? Depuis l'élection de Donald Trump à la Maison 
blanche, la Fédération américaine des planning familiaux dit 
avoir reçu près de 80.000 nouveaux dons. Elle ne donne pas de 
montant. 
    Le Planned Parenthood de l'Illinois signale pour sa part que 
les rendez-vous pris sur internet pour les méthodes de 
contraception de longue durée tels que les dispositifs 
intra-utérins (stérilets) sont en hausse de près de 50% ces deux 
derniers jours, comparé à la même période de la semaine 
précédente. L'organisation annonce son intention d'augmenter le 
nombre de créneaux de rendez-vous pour répondre à la demande. 
     
    FOETUS ENTERRÉS 
    Sarah Wheat, porte-parole du Planning familial du Grand 
Texas, Etat où les gouverneurs républicains successifs ont 
réduit les financements de l'organisation, se dit "submergée" 
par les membres qui font des dons ou "qui nous contactent pour 
proposer du bénévolat et apporter leur soutien". 
    Les dons en ligne ont triplé mercredi par rapport à la 
semaine précédente, tandis que 125 personnes se sont proposées 
pour du bénévolat, précise Sarah Wheat. 
    Donald Trump n'a pas été très clair sur sa position 
concernant l'avortement. Il a dit en mars dernier que les femmes 
qui mettaient fin à leur grossesse devaient être punies, avant 
de revenir sur ses propos. 
    Mercredi, son équipe a déclaré que le nouveau gouvernement 
Trump protégerait "les vies humaines innocentes depuis la 
conception jusqu'à la mort naturelle" sans autre précision. 
    Mike Pence, futur vice-président des Etats-Unis et chef de 
l'équipe de transition du président élu, est un adversaire 
acharné de l'avortement. Il a notamment publié une loi dans 
l'Indiana dont il est le gouverneur qui oblige à ce que les 
foetus soient enterrés ou incinérés après un avortement. 
    Dans l'incertitude de ce que fera Trump à propos du 
remboursement des moyens de contraception, certaines personnes 
veulent être sûres d'avoir les moyens à disposition et 
s'organisent dans ce but, disent les responsables du Planned 
Parenthood. 
    Katie Thiede, du Planning familial de l'Illinois, fait état 
d'un bon de 57% des demandes de stérilisation permanentes sur la 
semaine écoulée. 
    Selon les chiffres du gouvernement, si la loi Obamacare 
devait être abrogée, 55 millions de femmes pourraient ne plus 
voir accès à certains services préventifs comme le contrôle des 
naissances ou la détection des maladies sexuellement 
transmissibles, ou aux tests de dépistage du cancer. 
    A plus long terme, les partisans du droit à l'avortement 
craignent que Donald Trump n'ait à nommer plusieurs magistrats 
conservateurs à la Cour suprême des Etats-Unis qui, devenant 
majoritaires au sein de la haute juridiction, pourraient ensuite 
faire annuler l'arrêt historique de 1973 Roe contre Wade qui a 
rendu l'IVG légale dans tout le pays. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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