Données personnelles : les grandes surfaces épinglées

le
0

Monoprix, Casino et autres Carrefour utilisent les informations sur les clients -recueillies grâce aux cartes de fidélité- sans respecter les recommandations de la CNIL. La CLCV réclame une nouvelle législation pour mieux protéger les consommateurs.

Les grandes enseignes de la distribution doivent revoir leurs pratiques. C'est le constat de la CLCV, qui a envoyé sur le terrain des enquêteurs bénévoles pour voir comment les Monoprix, Carrefour et autres Hyper U respectaient les droits des consommateurs qui souscrivent ou détiennent des cartes de fidélité. Grâce à ces petits rectangles de plastique, ces magasins recueillent en effet des informations sur leurs clients (adresse, e-mail, téléphone, habitudes d'achat...), susceptibles d'être vendues ensuite à des tiers, qui s'en serviront pour leur prospection commerciale, leur marketing direct...

Des méthodes contestables

Des règles protègent en principe les Français contre ce commerce de leurs données personnelles. Mais les magasins sont loin de toujours les respecter. Par exemple, «un professionnel qui collecte votre adresse mail doit en principe demander clairement l'autorisation de la céder à un tiers dans un but commercial», rappelle la CLCV. La CNIL recommande d'ailleurs l'utilisation d'une case à cocher pour garantir un consentement non équivoque. Or, en pratique, seules deux des onze enseignes testées suivent cette recommandation. «Les autres préfèrent des moyens beaucoup plus contestables, comme une case à décocher quand on veut s'opposer (....)», souligne l'association de consommateurs, regrettant que le consentement de l'intéressé ne soit même parfois... pas recueilli du tout.

La majorité des enseignes ne respectent pas les textes

Autre exemple, les magasins ont le droit de vendre les données qui permettent un démarchage postal ou téléphonique, sauf si le client s'y est déclaré opposé. «Mais là encore, la majorité des professionnels ne respecte pas les textes» affirme la CLCV. Un seul magasin sur les onze donne au consommateur la possibilité dès la souscription d'indiquer qu'il s'y oppose. Les autres se contentent d'indiquer qu'il pourra le faire plus tard, par courrier, téléphone...

La CLCV a tenté aussi de voir si les consommateurs avaient bien accès, comme le prévoit une loi vieille de 35 ans, à leurs données personnelles, quand ils en faisaient la demande à l'établissement. Déception! Cinq enseignes n'avaient toujours pas répondu à la demande au bout de deux mois. Six autres n'ont pas fourni une réponse complète.

L'association de consommateurs en tire une conclusion simple: il faut renforcer la législation. La loi devrait imposer par exemple aux professionnels de fournir tous la même information aux consommateurs sur l'utilisation des données collectées, les obliger à recueillir le consentement préalable de leurs clients, et renforcer aussi leurs obligations en cas de piratage informatique de ces informations.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant