Donald Trump obtient l'investiture du Parti républicain

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    par Steve Holland 
    CLEVELAND, 20 juillet (Reuters) - Après avoir supplanté 16 
autres prétendants, défié la direction du Parti républicain et 
suscité de multiples polémiques, Donald Trump a finalement 
obtenu mardi l'investiture du camp conservateur en vue de 
l'élection présidentielle du 8 novembre.  
    Son fils aîné Donald Trump Junior l'a annoncé dès que le 
seuil décisif des 1.237 délégués a été dépassé, lors du vote 
organisé au deuxième jour de la convention républicaine, qui se 
déroule à Cleveland.  
    "J'ai l'honneur d'annoncer que Donald Trump a franchi le 
seuil ce soir, lors du décompte des délégués. Félicitations, 
papa. On t'aime !", a-t-il déclaré, en présence des trois autres 
enfants du candidat.  
    Sa rivale démocrate Hillary Clinton, qui sera à son tour 
investie la semaine prochaine, n'a pas tardé à réagir. "Donald 
Trump vient juste de devenir le candidat républicain. Il faut 
maintenant faire en sorte qu'il ne mette jamais les pieds dans 
le bureau ovale", dit-elle sur Twitter. 
    Le candidat républicain a finalement recueilli les voix de 
1.725 délégués. Ted Cruz, sénateur du Texas, a obtenu 475 
suffrages, le gouverneur de l'Ohio John Kasich, 120 et Marco 
Rubio, sénateur de Floride, 114. Douze délégués se sont 
prononcés en faveur de trois autres candidats.  
    Après le vote, le choix de Mike Pence, gouverneur de 
l'Indiana, en tant que colistier de Donald Trump, a été approuvé 
par acclamations. 
    L'ouverture de la convention, la veille, avait été émaillée 
d'incidents dus à des détracteurs de l'homme d'affaires, qui ont 
essayé en vain de s'opposer à sa candidature, et par les 
accusations de plagiat portées à l'encontre de son épouse 
Melania.  
    A l'annonce de sa candidature, le 16 juin 2015, rares 
étaient ceux qui osaient parier sur l'homme d'affaires âgé de 70 
ans, qui n'a jamais exercé de fonctions électives. Quelques 
semaines lui ont pourtant suffit pour distancer Jeb Bush, le 
favori d'alors, et s'imposer comme le prétendant le plus sérieux 
à l'investiture du Grand Old Party.  
     
    "MAKE AMERICA WORK AGAIN" 
    Donald Trump, dont les frasques et les excès de langage ont 
profondément marqué ces primaires, a su tirer parti du 
mécontentement de l'Amérique profonde et se poser en héraut des 
laissés-pour-compte de la mondialisation, qui ne se 
reconnaissent plus à travers les grandes figures de la droite.  
    Ses promesses phares, consistant à interdire temporairement 
aux musulmans l'accès au territoire américain ou à construire un 
mur à la frontière mexicaine, lui ont valu d'être taxé de 
racisme.  
    Le ministre allemand des Affaires étrangères Franck-Walter 
Steinmeier a même jugé son discours "de peur et d'isolement" 
dangereux pour la stabilité internationale, tout en soulignant 
l'incohérence de son slogan - "Make America strong Again (Rendre 
sa force à l'Amérique) - avec son engagement à réduire la 
présence militaire américaine à l'étranger. 
    La direction du Parti républicain espère tirer parti de la 
convention pour le présenter sous un jour plus consensuel, en 
soulignant ses qualités d'entrepreneur et en insistant sur sa 
fermeté face aux menaces intérieures comme extérieures.  
    Pour cette deuxième journée de la convention, placée sous le 
mot d'ordre "Make America Work Again" (Remettre l'Amérique en 
marche), les intervenants devaient s'en prendre au bilan 
économique de Barack Obama.  
    Le sénateur de l'Alabama Jeff Sessions, qui a été l'un des 
premiers partisans de Trump, l'a présenté comme "un guerrier et 
un vainqueur". Paul Ryan et Mitch McConnell, respectivement 
président de la Chambre des représentants et du Sénat, devaient 
ensuite prendre la parole pour tenter de faire oublier la 
polémique soulevée la veille par le discours de Mme Trump, dont 
certains passages ont semble-t-il été empruntés à Michelle 
Obama.    
    Son mari, lui, n'y a même pas fait allusion.  
    "Ce fut un véritable honneur que de présenter ma femme (...) 
hier soir. Son discours et son attitude ont été absolument 
incroyables. J'en suis très fier!", dit-il sur Twitter.     
 
 (Avec Jonathan Allen, Amanda Becker, Richard Cowan, Ginger 
Gibson, Angela Moon et Eric Walsh, Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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