Donald Trump investi par le Parti républicain américain

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DONALD TRUMP, OFFICIELLEMENT CANDIDAT DU PARTI RÉPUBLICAIN
DONALD TRUMP, OFFICIELLEMENT CANDIDAT DU PARTI RÉPUBLICAIN

par Steve Holland

CLEVELAND (Reuters) - Après avoir supplanté 16 autres prétendants, défié la direction du Parti républicain et suscité de multiples polémiques, Donald Trump a finalement obtenu mardi l'investiture du camp conservateur en vue de l'élection présidentielle du 8 novembre.

Son fils aîné Donald Trump Junior l'a annoncé dès que le seuil décisif des 1.237 délégués a été dépassé, lors du vote organisé au deuxième jour de la convention républicaine, qui se déroule à Cleveland.

"J'ai l'honneur d'annoncer que Donald Trump a franchi le seuil ce soir, lors du décompte des délégués. Félicitations, papa. On t'aime !", a-t-il déclaré, en présence des trois autres enfants du candidat.

Donald Trump, intervenant ensuite de New York par visioconférence, a promis de l'emporter le 8 novembre pour relancer l'emploi, renforcer l'armée, accroître la sécurité aux frontières et "restaurer la loi et l'ordre".

Sa rivale démocrate Hillary Clinton, qui sera à son tour investie la semaine prochaine, n'a pas tardé à réagir. "Donald Trump vient juste de devenir le candidat républicain. Il faut maintenant faire en sorte qu'il ne mette jamais les pieds dans le bureau ovale", dit-elle sur Twitter.

Le candidat républicain a finalement recueilli les voix de 1.725 délégués. Ted Cruz, sénateur du Texas, a obtenu 475 suffrages, le gouverneur de l'Ohio John Kasich, 120 et Marco Rubio, sénateur de Floride, 114. Douze délégués se sont prononcés en faveur de trois autres candidats.

Après le vote, le choix de Mike Pence, gouverneur de l'Indiana, en tant que colistier de Donald Trump, a été approuvé par acclamations.

L'ouverture de la convention, la veille, avait été émaillée d'incidents dus à des détracteurs de l'homme d'affaires, qui ont essayé en vain de s'opposer à sa candidature, et par les accusations de plagiat portées à l'encontre de son épouse Melania.

A l'annonce de sa candidature, le 16 juin 2015, rares étaient ceux qui osaient parier sur l'homme d'affaires âgé de 70 ans, qui n'a jamais exercé de fonctions électives. Quelques semaines lui ont pourtant suffi pour distancer Jeb Bush, le favori d'alors, et s'imposer comme le prétendant le plus sérieux à l'investiture du Grand Old Party.

"MAKE AMERICA WORK AGAIN"

Donald Trump, dont les frasques et les excès de langage ont profondément marqué ces primaires, a su tirer parti du mécontentement de l'Amérique profonde et se poser en héraut des laissés-pour-compte de la mondialisation, qui ne se reconnaissent plus à travers les grandes figures de la droite.

Ses promesses phares, consistant à interdire temporairement aux musulmans l'accès au territoire américain ou à construire un mur à la frontière mexicaine, lui ont valu d'être taxé de racisme.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Franck-Walter Steinmeier a même jugé son discours "de peur et d'isolement" dangereux pour la stabilité internationale, tout en soulignant l'incohérence de son slogan - "Make America strong Again (Rendre sa force à l'Amérique) - avec son engagement à réduire la présence militaire américaine à l'étranger.

Le Parti républicain espère tirer parti de la convention de Cleveland pour le présenter sous un jour plus consensuel, en soulignant ses qualités d'entrepreneur et en insistant sur sa fermeté face aux menaces intérieures comme extérieures.

Pour cette deuxième journée, placée sous le mot d'ordre "Make America Work Again" (Remettre l'Amérique en marche), les intervenants devaient s'attaquer au bilan économique de Barack Obama.

Ils s'en sont toutefois pris à nouveau à Hillary Clinton, qu'ils ont dit déconnectée des réalités, et l'ont présentée comme l'héritière de l'administration "oppressive" en place depuis huit ans.

Selon un sondage Ipsos-Reuters publié mardi, l'avance de la candidate démocrate dans les intentions de vote est passée de quinze à sept points depuis la fin de la semaine dernière.

Paul Ryan et Mitch McConnell, respectivement président de la Chambre des représentants et du Sénat, devaient prendre la parole dans la soirée pour tenter de faire oublier la polémique soulevée la veille par le discours de Mme Trump, dont certains passages ont semble-t-il été empruntés à Michelle Obama.

Son mari, lui, n'y a même pas fait allusion.

"Ce fut un véritable honneur que de présenter ma femme (...) hier soir. Son discours et son attitude ont été absolument incroyables. J'en suis très fier!", dit-il sur Twitter.

(Avec Jonathan Allen, Amanda Becker, Richard Cowan, Ginger Gibson, Angela Moon et Eric Walsh, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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