Donald Trump condamne publiquement des menaces antisémites

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    par Ayesha Rascoe 
    WASHINGTON, 21 février (Reuters) - Donald Trump a pour la 
première fois condamné publiquement mardi une série d'incidents 
antisémites aux Etats-Unis, au lendemain de menaces visant 
plusieurs centres communautaires juifs, qui ont dû être évacués. 
    Onze de ces centres, dont ceux de Houston, Chicago et 
Milwaukee, ont fait l'objet de fausses alertes à la bombe, selon 
le directeur de l'association qui les regroupe, David Posner.  
    Quelque 170 tombes d'un cimetière juif ont également été 
vandalisées à St Louis, dans le Missouri.  
    "Les menaces antisémites à l'encontre de la communauté juive 
et de centres communautaires sont odieuses, douloureuses et 
rappellent tristement le travail qui reste à accomplir pour 
éradiquer la haine, les préjugés et le mal", a déclaré Donald 
Trump lors d'une visite au Musée national de l'histoire et de la 
culture afro-américaine, à Washington.  
    Cette visite, a ajouté le président américain, montre "à 
quel point nous devons lutter contre le sectarisme, 
l'intolérance et la haine sous toutes ses formes les plus 
laides".  
    Ces commentaires marquent un changement de ton de la part de 
Donald Trump, qui s'était refusé à condamner explicitement les 
menaces anti-juives la semaine dernière. Il avait parlé de 
manière plus générale en disant vouloir réduire les divisions 
aux Etats-Unis.  
    Lors d'une conférence de presse, le chef de la Maison 
blanche s'était agacé des questions d'un journaliste d'un 
magazine juif lui demandant comment le gouvernement comptait 
"s'occuper" de cette hausse des menaces antisémites.  
    Il avait dénoncé une question "très injurieuse", semblant 
croire que le journaliste l'accusait d'antisémitisme.  
    "Premièrement, je suis la personne la moins antisémite que 
vous ayez jamais vue de toute votre vie", avait-il répondu au 
reporter. Donald Trump a souvent souligné que l'une de ses 
filles s'est convertie au judaïsme, qu'il a des petits-enfants 
juifs et qu'il emploie de nombreux juifs dans ses entreprises. 
    Sa fille Ivanka, qui pratique un judaïsme orthodoxe, a 
répondu lundi sur Twitter à la dernière vague de fausses alertes 
visant des centres juifs en écrivant: "L'Amérique est un pays 
construit sur le principe de la tolérance religieuse." 
     
    "UN PANSEMENT SUR UN CANCER" 
    Les attaques répétées du futur président américain contre 
les musulmans ou les immigrés mexicains pendant la campagne 
électorale de 2016 ont reçu un accueil enthousiaste de la part 
des groupes suprémacistes blancs qui embrassent des idées 
antisémites, islamophobes et anti-noirs. 
    Donald Trump a désavoué leur soutien. L'un de ses principaux 
conseillers, son stratège en chef Steve Bannon, est un ancien 
animateur de Breitbart News, un site internet très apprécié par 
l'extrême droite américaine.  
    Le Centre Anne Frank pour le respect mutuel, un groupe basé 
à New York qui a critiqué à plusieurs reprises l'administration 
Trump à propos de l'antisémitisme, a jugé que les propos tenus 
mardi par le président venaient trop tard.  
    "Cette reconnaissance soudaine du président est un pansement 
sur le cancer de l'antisémitisme qui a infecté sa propre 
administration", a jugé le directeur exécutif du groupe, Steven 
Goldstein, dans un communiqué. 
    Sean Spicer, le porte-parole de la Maison blanche, a répondu 
qu'il aurait préféré que le groupe "salue l'exemple montré par 
le président dans ce domaine". "J'espère qu'avec le temps, ils 
reconnaîtront son engagement en faveur des droits civiques", 
a-t-il ajouté.  
    Plusieurs organisations juives ont reproché le mois dernier 
à la Maison blanche de ne pas avoir employé le mot "juif" dans 
un communiqué marquant la journée de la mémoire de l'Holocauste. 
La présidence a rétorqué que cette omission était délibérée, les 
nazis ayant également tué des personnes qui n'étaient pas 
juives. L'extermination des juifs était l'un des objectifs 
affichés par les nazis. 
 
 (Doina Chiacu, avec Jonathan Allen à New York, Jean-Philippe 
Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser) 
 
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