Don d'organes : «Passer outre les proches, c'est trop violent»

le , mis à jour à 10:11
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Don d'organes : «Passer outre les proches, c'est trop violent»
Don d'organes : «Passer outre les proches, c'est trop violent»

Médecin réanimateur à l’hôpital Cochin, à Paris, Julien Charpentier coordonne les équipes qui accompagnent les proches des donneurs jusqu’à la remise du corps. Alors que se déroule ce mercredi la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes, il explique pourquoi il faut sensibiliser les Français sur cette question.

 

Pourquoi n’y a-t-il pas assez de donneurs d’organes en France ?

JULIEN CHARPENTIER. Le public ne connaît pas assez les dispositions réglementaires. Le refus catégorique, par conviction, n’est a priori pas massif puisqu’on l’estime à 30-35 %. La religion, les trois grands cultes monothéistes en tout cas, y est favorable. Lorsque vous interrogez les gens, ils se disent aussi pour à 80 %. Mais sur le moment, douloureux pour tout le monde, lorsque vous posez la question : « Est-ce qu’un jour, de son vivant, votre proche vous a dit être opposé au prélèvement d’organes ? », à 80 % les proches vous répondent qu’ils n’en savent rien. Parce qu’ils n’en ont jamais discuté. Pourtant, je vous garantis que l’une de leurs plus grandes préoccupations est de satisfaire les dernières volontés du défunt.

 

Ne fallait-il pas durcir la loi en imposant que le consentement présumé est acquis sauf en cas d’inscription au registre national ?

Nous nous y sommes opposés : la loi est bonne, il faut juste que chacun la connaisse. Imposer le consentement présumé en passant outre les proches, c’est beaucoup trop violent. Chaque cas est particulier : nous, équipes de coordination, sommes aussi là pour accompagner ceux qui restent. Ils peuvent, par méconnaissance ou pour ne pas avoir à se poser la question, avancer des contre-indications — « mais docteur il fumait, ce n’est pas possible » — qui n’existent pas. Mais ils ne mentent pas. Il faut déjà, et c’est le travail du réanimateur, qu’ils aient compris que la mort encéphalique, c’est la mort, irréversible. Même si ...

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