Dominique Strauss-Kahn demande qu'on le laisse tranquille

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DOMINIQUE STRAUSS KAHN ASPIRE À LA PAIX MÉDIATIQUE
DOMINIQUE STRAUSS KAHN ASPIRE À LA PAIX MÉDIATIQUE

PARIS (Reuters) - L'ancien directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, impliqué dans plusieurs affaires de moeurs en France et aux Etats-Unis, demande que les médias le "laissent tranquille", dans une interview publiée par l'hebdomadaire Le Point.

L'ancien ministre socialiste, qui minimise son rôle dans l'affaire dite du Carlton de Lille, dans laquelle il a été mis en examen pour proxénétisme aggravé, dit avoir le sentiment de pouvoir encore participer à de "grands projets internationaux".

Il se plaint de la "traque médiatique" aux allures de "chasse à l'homme" dont il se dit l'objet depuis qu'une plainte pour agression sexuelle contre une femme de ménage du Sofitel de New York a mis fin en mai 2011 à ses ambitions présidentielles.

"Je n'ai plus de responsabilités publiques, je ne suis candidat à rien, je n'ai jamais été condamné, ni dans ce pays ni dans aucun autre", déclare Dominique Strauss-Kahn.

"Je ne supporte plus qu'on s'arroge le droit d'abuser de ma situation et des enquêtes judiciaires qui me visent - à tort - pour bafouer ma vie privée", ajoute l'ancien patron du FMI. "Qu'on me laisse tranquille."

Il dit n'avoir jamais mis les pieds à l'hôtel Carlton de Lille, au coeur d'une enquête sur un réseau de prostitution.

"La réalité, c'est qu'un de mes copains organisait des soirées auxquelles j'ai participé", raconte-t-il. "Comme il y avait des prostituées, me voilà accusé d'avoir conçu un réseau de prostitution à mon service, donc d'être un proxénète. C'est aussi artificiel qu'absurde."

"J'AI ÉTÉ NAÏF"

Il jure de nouveau qu'il ignorait le fait que certaines femmes étaient "payées pour être là".

Il n'en regrette pas moins d'avoir causé une "double déception aux Français" - à ceux qui ont été choqués d'apprendre sur sa vie privée "des choses qu'ils ne soupçonnaient pas" et à ceux qui ont été déçus que son comportement le prive de "faire son devoir" politique.

"J'ai longtemps pensé que je pouvais mener ma vie personnelle comme je l'entends sans incidence sur l'exercice de mes responsabilités. Y compris des comportement libres entre adultes consentants", explique Dominique Strauss-Kahn.

"J'ai été naïf, pour ne pas dire plus", ajoute-t-il. "J'étais trop en décalage avec la société française sur ce point pour un responsable politique. Je me suis trompé."

Il dit au passage que le journaliste qui l'interroge serait "surpris" de rencontrer "certaines personnes" dans certaines "soirées" parisiennes.

L'ancien ministre affirme s'interdire tout commentaire sur la situation française et le gouvernement de gauche actuel.

Il dit se sentir "la possibilité" de s'investir dans "de grands projets internationaux" et la "réalisation de choses importantes qui pourraient contribuer à changer la vie des gens" mais convient qu'il est encore "entravé" par sa situation.

Interrogé par BFM-TV en marge d'un colloque à Séoul, où il s'est notamment exprimé sur la crise de l'euro, il a assuré que "beaucoup de correspondants étrangers" écoutaient ce qu'il dit.

"Le débat existe. Je vais continuer", a-t-il ajouté.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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