Dominique Strauss-Kahn à nouveau entendu à Lille

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DOMINIQUE STRAUSS-KAHN À NOUVEAU ENTENDU À LILLE
DOMINIQUE STRAUSS-KAHN À NOUVEAU ENTENDU À LILLE

LILLE (Reuters) - Trois juges d'instruction lillois ont entamé lundi une nouvelle audition de Dominique Strauss-Kahn en vue de son éventuelle mise en examen dans une affaire de proxénétisme en France, avec deux jours d'avance, a-t-on appris auprès du parquet.

L'audition, qui devait initialement se dérouler mercredi en même temps que les audiences au civil à New York dans l'affaire du Sofitel, a commencé en début d'après-midi et ne devrait pas se terminer avant la fin de la soirée, a ajouté le parquet.

L'ancien patron du Fonds monétaire international avait été placé en garde vue pendant un jour et demi le mois dernier mais il était ressorti libre de la caserne de gendarmerie de Lille et avait été convoqué le 28 mars pour une nouvelle audition.

Dominique Strauss-Kahn est entendu dans le cadre d'une enquête sur un réseau de proxénétisme, dite affaire du Carlton, du nom de l'hôtel de Lille où opéraient des prostituées.

Les enquêteurs s'intéressent à l'ancien ministre des Finances après avoir mis au jour ses rencontres avec des prostituées organisées en 2010 et 2011 par deux amis entrepreneurs et un policier, à Paris, Washington et à Lille.

La qualification de "recel d'abus de biens sociaux" est envisagée, mais elle suppose d'avoir des éléments susceptibles de prouver que l'ancien patron du FMI savait que les jeunes femmes rencontrées étaient des prostituées, et qu'elles étaient payées par ses amis avec les fonds de leurs sociétés.

Le chef de mise en examen pour complicité de proxénétisme aggravé pourrait aussi être retenu par les juges.

Les audiences au civil débuteront mercredi dans l'affaire Nafissatou Diallo devant un tribunal de New York, où l'ancien patron du FMI et la femme de chambre du Sofitel qui l'accuse d'agression sexuelle seront représentés par leurs avocats.

IMMUNITÉ À NEW YORK ?

Les défenseurs américains de Dominique Strauss-Kahn et ceux de Nafissatou Diallo vont s'opposer sur le point de savoir si la fonction de directeur général du FMI que le Français exerçait alors lui vaut ou non une immunité judiciaire.

Nafissatou Diallo accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir contrainte à un acte sexuel le 14 mai dernier dans la suite 2806 du luxueux hôtel de Manhattan. Arrêté alors qu'il s'apprêtait à décoller pour l'Europe, l'ex-favori des sondages pour la présidentielle en France a passé plusieurs jours en prison et sa carrière politique a été torpillée.

En août, le procureur Cyrus Vance a renoncé à poursuivre "DSK" au pénal en raison des contradictions apparues dans les dépositions de Nafissatou Diallo.

La plainte au civil, déposée parallèlement, constitue l'ultime chance pour la jeune femme de faire reconnaître la responsabilité de Dominique Strauss-Kahn dans ce que ses avocats qualifient d'agression sexuelle "brutale".

L'ex-ministre de l'Economie a admis une "relation inappropriée" et une "faute morale", mais réfute les allégations d'agression sexuelle. Ses avocats américains ont estimé que Nafissatou Diallo était mue par des motivations financières.

UN ACCORD À L'AMIABLE POSSIBLE

En droit américain, l'abandon d'une plainte au pénal ne signifie pas l'arrêt d'une procédure au civil, dans laquelle les règles d'établissement de la preuve sont moins strictes.

L'audience de mercredi devant la Cour suprême de justice du Bronx sera présidée par le juge Douglas McKeon, qui va examiner l'argument de l'immunité que plaident les avocats de Dominique Strauss-Kahn.

"C'est une audience déterminante mais très technique", déclare le juge McKeon dans une interview publiée en France par Le Journal du dimanche.

"Dominique Strauss-Kahn demande l'abandon des poursuites car il considère que, lors de son arrestation, il était protégé par son immunité diplomatique en raison de ses fonctions au FMI", ajoute le magistrat, qui précise qu'il mettra "deux à trois semaines" pour rendre sa décision.

Les avocats de la plaignante estiment pour leur part que Dominique Strauss-Kahn ne bénéficiait au mieux que d'une "immunité limitée", soit une forme de protection juridique inopérante pour une affaire d'agression sexuelle présumée.

Si le juge donne raison aux avocats de Dominique Strauss-Kahn, l'affaire sera close à moins d'un appel devant la cour suprême de Manhattan.

Dans le cas contraire, la procédure entrerait dans la phase dite du "discovery", "période pendant laquelle chaque partie découvre, au sens propre, les éléments du dossier de l'adversaire", explique le juge McKeon.

A tout moment, la procédure au civil permet que les parties s'entendent sur un accord à l'amiable. A défaut d'arrangement, un procès sera organisé dans un délai estimé à deux ans par le juge McKeon.

Pierre Savary et Pascal Rossignol, avec Patrick Vignal à Paris et Joseph Ax à New York, édité par Yves Clarisse

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  • M1531771 le lundi 26 mar 2012 à 20:38

    Ca faisait longtemps...!