Dominique de Villepin brièvement placé en garde à vue

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BRÈVE GARDE À VUE POUR DOMINIQUE DE VILLEPIN
BRÈVE GARDE À VUE POUR DOMINIQUE DE VILLEPIN

PARIS (Reuters) - L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a été placé mardi pendant près de sept heures en garde à vue par la gendarmerie à Paris dans une affaire d'escroquerie présumée visant l'association hôtelière haut de gamme Relais & Châteaux.

Il a quitté le lieu de l'audition, une caserne de gendarmerie dans le XVIe arrondissement, vers 16h00, a-t-on précisé à la gendarmerie. Elle avait commencé à 08h50, a dit Patrick Poirret, le procureur de Strasbourg, où l'affaire est instruite.

La garde à vue a été ordonnée par le juge d'instruction "pour avoir sa version après que les autres personnes concernées par ce dossier ont été entendues et de façon à pouvoir aviser ensuite", a-t-il déclaré à Reuters.

Dominique de Villepin a déclaré dans un communiqué que cette audition était "prévue de longue date" et qu'il avait redit "sereinement, simplement et dans le cadre normal de la procédure en rien impliqué dans le déroulement de cette triste affaire qui touche l'un de mes amis."

Dans ce dossier, Régis Bulot, président de Relais & Châteaux de 1987 à 2006 et proche de Dominique de Villepin, a été écroué entre novembre 2011 et juin dernier.

Soupçonné d'avoir détourné 1,6 million d'euros, notamment en marge de la fabrication du guide annuel de l'association, il est mis en examen pour "escroquerie en bande organisée, abus de confiance et blanchiment".

Des écoutes téléphoniques et l'enregistrement d'une conversation de janvier 2010 entre Régis Bulot et Dominique de Villepin, versée au dossier et dont des éléments ont été publiés dans la presse, laissent penser que l'ancien Premier ministre était intervenu auprès de la direction de Relais & Châteaux pour tenter de la dissuader d'agir en justice.

A l'issue d'un délai maximal de 48 heures, l'ancien chef de gouvernement, âgé de 58 ans, pouvait soit être présenté au juge d'instruction de Strasbourg chargé du dossier en vue d'une mise en examen, soit remis en liberté.

C'est la dernière option qui a été choisie.

Une mise en examen aurait été rare pour un responsable public de ce niveau.

CANDIDATURE AVORTÉE À LA PRÉSIDENTIELLE

Sans jamais avoir obtenu de mandat électif, Dominique de Villepin a été secrétaire général de l'Elysée (1995-2002) ministre des Affaires étrangères (2002-2004), de l'Intérieur (2004-2005) et Premier ministre (2005-2007).

Il s'était défendu de toute implication dans ce dossier lorsque son nom était apparu dans la presse, fin 2011, alors qu'il envisageait une candidature à la présidentielle.

Il avait alors estimé qu'on cherchait à la compromettre pour l'écarter de la course à l'Elysée.

Dominique de Villepin se défendait dans un communiqué publié à l'époque d'avoir "en aucun cas tenté d'influer sur un dossier judiciaire" dont il dit n'avoir rien su. Il ajoutait n'avoir "jamais bénéficié d'éventuelles largesses" de Régis Bulot.

"J'ai séjourné plusieurs fois dans des établissements Relais & Châteaux, et j'ai toujours payé, ce qui n'est pas forcément le cas de certains hommes politiques", écrivait-il.

Régis Bulot a été membre du Club Villepin, dissous en 2010, mais pas de République solidaire, l'embryon de parti créé par la suite par l'ancien Premier ministre.

Dominique de Villepin a été dans un premier temps candidat à la présidentielle avant de jeter l'éponge faute, a-t-il expliqué, d'avoir obtenu les 500 parrainages. Les sondages le créditaient d'un score très faible.

En septembre 2001, la cour d'appel de Paris a confirmé sa relaxe dans un autre dossier où il était soupçonné d'avoir conspiré en 2004 contre Nicolas Sarkozy avec de fausses listes de comptes bancaires de la société Clearstream.

Après six ans de procédure, la cour avait confirmé le jugement de première instance de 2010, contre l'avis du parquet général qui demandait 15 mois de prison avec sursis contre l'ex-Premier ministre pour complicité de dénonciation calomnieuse.

Dans cette affaire, il s'était dit victime d'une manipulation de la justice conduite à ses yeux par son rival de droite, Nicolas Sarkozy.

Dominique de Villepin a aussi été entendu plusieurs fois comme témoin dans les dossiers relatifs à un attentat anti-français commis à Karachi au Pakistan en 2002, et à une affaire de corruption présumée lors de la présidentielle de 1995, qui pourrait lui être liée.

Thierry Lévêque, Gérard Bon et Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse

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  • bigot8 le mardi 11 sept 2012 à 18:19

    oui j en ai vécu une avec les putes moldaves y a 15 ans mdr

  • KAFKA016 le mardi 11 sept 2012 à 17:46

    Attention ne pas confondre garde à vue et mise en examen!!! une garde à vue peut toucher chacun d'entre vous !!

  • bigot8 le mardi 11 sept 2012 à 13:33

    attendez avant de condamner svp il est encore présumé innocent comme tonton a la grande époque ...jamais inquiété ... et grossouvre ...bérégovoy etc tous ces suicidés à cause de quoi ?de qui ?

  • j14840 le mardi 11 sept 2012 à 13:08

    Et pourtant vous l' adoriez quand il faisait son caïd face aux américains, contre la guerre en Irak...

  • M4189758 le mardi 11 sept 2012 à 13:06

    JPi - Avec autant de casseroles aux fefesses pourrions nous dire que Dominique nique nique vivait dans un panier à crabes ?

  • nandfer le mardi 11 sept 2012 à 12:38

    ça doit faire plaisir à sarkozy

  • Georg47 le mardi 11 sept 2012 à 12:08

    ça fiche un sacré coup à son immense égo.....

  • M2542298 le mardi 11 sept 2012 à 11:56

    pas de fumée sans feu

  • M8931549 le mardi 11 sept 2012 à 11:48

    C'est vraiment un miracle que les Français se rendent toujours aux urnes!

  • farouxfr le mardi 11 sept 2012 à 11:47

    Edouard Herriot disait que: "La politique c'est comme l'andouillette quand elle est bonne elle sent un peu la m..." A présent elle doit être excellente !