" DNCA Finance ancre clairement sa gestion à l'international"

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(NEWSManagers.com) - Entretien avec Joseph Châtel, président de DNCA Finance.

La société de gestion de la rue de la Paix à Paris, créée il y a dix ans, a inscrit la prudence dans ses gènes. Aujourd'hui, comme son président nous l'explique, cette prudence passe aussi par une diversification des investissements à l'échelle mondiale afin de répondre aux nouvelles attentes des investisseurs. Ce qui se traduit par un renforcement des équipes, la création prochaine d'un nouveau fonds et de nouvelles ambitions en termes de développement pour DNCA Finance...


Newsmanagers : Comment évolue la gestion de DNCA Finance alors que deux nouveaux gérants viennent de renforcer vos équipes ?

Joseph Châtel : La gestion de DNCA Finance s'est toujours distinguée par une approche prudente. Cette caractéristique se retrouve d'ailleurs dans l'évolution de la société de gestion. Lorsque j'ai créé DNCA en 2000 avec Xavier Delaye, ce dernier gérait son fonds DNCA Evolutif avec un univers d'actions essentiellement français. Jean-Charles Mériaux, qui nous a rejoint en 2002, investissait aussi, via Centifolia, dans des actions françaises. Il nous a semblé rapidement nécessaire de nous diversifier. Tant en matière de classe d'actifs que de produits. Nous avons alors créé Eurose, un fonds prudent dont l'objectif était de pallier la baisse des fonds en euros. L'an dernier, nous avons même complété notre offre en lançant Leonardo Invest Miura, un fonds de gestion alternative encore plus modéré en termes de risques, offrant de surcroit une valorisation quotidienne et sans effet de levier. Du côté de nos produits actions, nous nous sommes également ouverts à l'Europe avec des fonds comme Centifolia Europe. L'arrivée en 2006 d'Isaac Chebaar, de nationalité brésilienne, a marqué une étape importante pour l'entreprise, avec, pour nous, les marchés émergents en ligne de mire. L'arrivée ces derniers jours de Damien Charlet qui va renforcer l'équipe de la gestion " diversifiée" et surtout de Rajesh Varma parachève cette nouvelle orientation de DNCA Finance, qui s'ancre clairement à l'international.


NM : Le virage est important pour une société dont la gestion est surtout européenne?

J.C. : Certes, mais la crise est à l'origine d'une remise en question majeure et je suis convaincu que les épargnants n'ont plus les mêmes attentes. Ils veulent désormais des objectifs de performance, à l'image de ce qu'offrent des fonds " total return" . La gestion diversifiée retrouve également ses lettres de noblesse et ,pour gérer, il faut désormais raisonner mondial. Vous verrez d'ailleurs que cette évolution va être très rapide. Chez DNCA Finance, des gérants comme Isaac ou Rajesh symbolisent cette ouverture à l'international.
En outre, il faut penser à l'ensemble des classes d'actifs. Mais pas à n'importe quel prix ! Pour ce qui nous concerne, nous pouvons par exemple gérer le risque devises ou une classe d'actif comme les matières premières, mais toujours aux travers d'actions cotées. Notre gestion conserve son approche fondamentale.

NM : Qu'attendez vous concrètement du renforcement de votre équipe de gestion ?

J.C. : Rajesh Varma va gérer un fonds, Global Convictions, un OPCVM international que nous nous apprêtons à lancer et qui investira entre 60 % et 100 % en actions. Le reste du portefeuille sera, à la discrétion du gérant, investi en obligations d'entreprise, obligations émergentes ou en actifs monétaires. Outre son fonds, Rajesh apportera des idées d'investissement pour les autres fonds de notre gamme. Il va y avoir des échanges naturellement enrichissants entre gérants. Cela nous conduit par exemple à disposer dès aujourd'hui d'une ligne d'obligations convertibles asiatiques au sein du portefeuille DNCA Convertibles. D'autres idées vont concerner nos fonds investis sur l'Europe tandis que les plus grandes entreprises du vieux Continent réalisant 25 % de leur chiffre d'affaires dans les pays émergents.
Quant à Damien Charlet, il va venir épauler Xavier Delaye et préparer avec Augustin Piquendar l'avenir de la gestion diversifiée de notre maison. C'est également un élément très important de notre équipe.

NM : Votre gamme présente l'originalité de ne pas avoir cédé aux charmes de l'obligataire pur. Ni fonds à échéance, ni fonds corporate clairement identifié. Pourquoi ce choix ?

J.C. : Nous sommes convaincus que les unités de compte en actions vont prendre le pas dès 2011/2012 sur les fonds en euros qui ne rapporteront plus que 2,5 % en moyenne. En attendant, les investisseurs vont prendre conscience que l'aversion au risque a créé une bulle sur les obligations qui sont devenues très chères, et dangereuses, concernant les titres d'Etat. A titre de comparaison, les marchés d'actions non cycliques servent des dividendes de l'ordre de 5,5 % ! Et cela va continuer. Même si l'économie américaine ralentit actuellement, nous ne croyons pas à un scenario de déflation. Dans ce contexte, un fonds comme Centifolia est investi à 95 % aujourd'hui, alors que la gestion de son gérant, Jean-Charles Mériaux, se caractérise par une grande prudence?

NM : En matière de développement, quelles sont vos priorités ?

J.C. : Nous comptons pousser nos pions en Europe. Nos encours de 4,6 milliards d'euros émanent pour l'essentiel d'investisseurs français, le vieux Continent hors France ne représentant pas plus de 500 millions d'euros. En pratique, nous sommes déjà présents en Belgique et en Italie. Nous comptons porter nos efforts en 2011 sur les marchés allemand et suisse puis, en 2012, le marché espagnol. Pour cela, nous utiliserons notre sicav luxembourgeoise Leonardo Invest qui reprend l'ensemble de nos fonds à l'exception de Centifolia. Nous pensons d'ailleurs changer son nom pour mettre plus en avant notre marque et son savoir-faire?
Enfin, dans les développements du côté de la gestion, nous cherchons à nous renforcer une nouvelle fois en recrutant à terme un gérant d'obligations internationales.

NM : A quelques jours de Patrimonia, quelles sont vos relations avec le monde des CGPI ?

J.C. : Très bonnes. Nous restons à la deuxième place en ce qui concerne les sociétés de gestion préférées des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. C'est un excellent résultat pour une société de gestion qui n'a que dix ans d'existence. Et, en termes d'encours, ces derniers représentent plus de 2,3 milliards d'euros. C'est bien la preuve de la confiance qu'ils nous accordent?

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