Djoufra aux mains des forces du CNT, Sebha presque sous contrôle

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par William Maclean et Maria Golovnina

TRIPOLI (Reuters) - Les troupes du conseil de transition qui dirige la Libye ont annoncé mercredi s'être emparées de l'un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi, l'oasis de Djoufra dans le Sahara, et y avoir découvert des armes chimiques.

Elles ont dit en outre contrôler la majeure partie d'un autre grand fief de l'ancien régime, l'oasis de Sebha.

Autre bonne nouvelle pour le CNT, des fonds totalisant 23 milliards de dollars ont été retrouvés dans les coffres de la banque centrale de Libye, rapporte jeudi le Financial Times, qui cite des responsables à Londres et à Tripoli.

Des porte-parole militaires du CNT (Conseil national de transition) ont déclaré que leurs forces contrôlaient désormais l'avant-poste de Djoufra, à 700 km au sud-est de Tripoli.

"L'ensemble du secteur de Djoufra a été libéré, nous a-t-on informés", a déclaré un porte-parole, Fassi Bachaagha, aux journalistes dans la ville de Misrata. "Il y avait un dépôt d'armes chimiques et désormais, il est sous la garde de nos combattants", a-t-il ajouté.

Ses affirmations n'ont pas pu être confirmées de source indépendante. Sous le régime du colonel Kadhafi, la Libye était censée avoir détruit ses stocks d'armes chimiques début 2004, dans le cadre d'un rapprochement avec l'Occident, en vertu duquel elle avait accepté en outre de renoncer à toute velléité de programme nucléaire.

Cependant, l'Organisation pour la prohibition des armes chimiques estime que la Libye a conservé 9,5 tonnes de gaz moutarde dans un lieu secret en plein désert.

"Nous contrôlons la majeure partie de Sebha (vaste oasis et grande ville du centre du pays), à l'exception du quartier d'Al Manchiya. Il résiste toujours mais il va tomber", a déclaré un autre porte-parole militaire du CNT, Ahmed Bani.

La chaîne CNN, citant un correspondant à Sebha, a rapporté que des combattants du CNT ont pris position mercredi dans le centre de cette ville d'environ 100.000 habitants, après avoir pris le contrôle mardi de l'aéroport et du fort qui domine la cité.

UNE HAUTE PERSONNALITÉ À SYRTE?

Les pays de l'Otan ont d'autre part conforté le CNT en prolongeant mercredi de trois mois la campagne aérienne qui a permis d'ores et déjà aux insurgés anti-Kadhafi de remporter la victoire et de faire tomber Tripoli fin août.

Toutefois, la confusion règne parmi les combattants qui assiègent deux autres grands bastions des kadhafistes: Syrte au bord de la Méditerranée, et Bani Walid, à 150 km au sud-est de Tripoli.

Sept combattants du CNT ont été tués dans une embuscade tendue par des soldats pro-Kadhafi à l'intérieur de Bani Walid, selon des responsables du conseil de transition.

Un responsable du CNT, Abdoullah Kenchile, a déclaré à Reuters que les partisans de Kadhafi dans Bani Walid avaient au cours des dernières 48 heures abattu au moins 16 civils soupçonnés de soutenir le CNT. "Ils ont été tués de sang froid. C'étaient tous des civils et ils ont été exécutés", a-t-il dit.

Des heurts sporadiques se sont poursuivis aux abords de Syrte, où la progression des forces du CNT à partir de l'Est est bloquée depuis des jours par des tirs de barrage d'artillerie lourde.

Des combattants de retour du front ont dit s'être heurtés à une vive résistance à Khamsine, à 50 km à l'est de Syrte, et ne pas avoir disposé d'une puissance de feu suffisante pour riposter.

"Je suis sûr à 100% qu'une haute personnalité est retranchée dans Syrte, soit Kadhafi en personne, soit l'un de ses fils, parce que ses forces sont devenues suicidaires dans le secteur de Khamsine", a expliqué à Reuters un combattant du CNT, Hamed al Hachy.

Eric Faye pour le service français

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