Dix personnes jugées pour l'espionnage de Besancenot

le
0
OUVERTURE DU PROCÈS DE L'ESPIONNAGE D'OLIVIER BESANCENOT
OUVERTURE DU PROCÈS DE L'ESPIONNAGE D'OLIVIER BESANCENOT

PARIS (Reuters) - Le procès de dix personnes, dont le patron de la société qui commercialise en France le pistolet électrique Taser et deux policiers, s'est ouvert jeudi à Paris dans le dossier visant une surveillance illicite d'Olivier Besancenot en 2006-2007.

L'ancien candidat à la présidentielle en 2007 du Nouveau parti anticapitaliste a dit en marge de l'audience qu'il voulait mettre à profit ce procès pour soulever un problème plus large.

"C'est l'occasion, par ce procès, de mettre en lumière ce type de procédés et d'aller au-delà, de discuter du fonctionnement des officines privées et des fichiers de police", a-t-il déclaré à la presse.

Il aurait été surveillé pour avoir mis en cause publiquement le Taser, pistolet à impulsions électriques en principe non mortel, mais très controversé après de nombreux incidents.

L'audience a commencé par l'interrogatoire d'un détective privé, Gérard Dussaussy, soupçonné d'avoir mis en oeuvre une surveillance illicite pour le compte de la société Taser. Le procès doit s'achever la semaine prochaine.

Les suspects sont poursuivis pour "violation du secret professionnel, accès frauduleux à un système de traitement automatisé de données, détournement de finalité de données, divulgation intentionnelle de données confidentielles".

Une copie d'un rapport de surveillance et une clé USB contenant des photos du dirigeant d'extrême gauche prises lors de filatures ont été découvertes par la police à la société SMP Technologies, qui commercialise le Taser.

D'AUTRES ENQUÊTES PRIVÉES VISÉES

Antoine Di Zazzo, le patron de SMP, est soupçonné d'avoir commandité l'enquête à Gérard Dussaucy, un ancien commissaire de police devenu dirigeant d'une société de renseignement privée, Synipole international.

Le détective privé aurait ensuite adressé des demandes à un douanier et trois policiers ou ex-policiers pour qu'ils consultent le fichier des cartes grises, le "Stic", qui recense toutes les affaires de police, et un fichier bancaire.

Antoine Di Zazzo s'oppose publiquement depuis 2006 à Olivier Besancenot sur les dangers supposés du Taser, qui a obtenu l'agrément officiel pour équiper la police nationale et la gendarmerie.

SMP a perdu en 2008 un procès en diffamation contre le leader d'extrême gauche, qui avait déclaré à la télévision que le Taser avait fait des morts aux Etats-Unis.

La propension de grandes sociétés a recourir à des enquêtes privées, voire à des méthodes illégales, pour passer au crible ses employés ou ses supposés ennemis extérieurs, a été illustrée par d'autres procédures judiciaires.

La société EDF a été condamnée le 10 novembre dernier à une amende pénale de 1,5 million d'euros pour le piratage informatique en 2006 des ordinateurs de Greenpeace par une officine. EDF a fait appel.

Une information judiciaire est ouverte sur des pratiques présumées d'espionnage d'employés et de clients du géant de l'ameublement suédois Ikea en France. Ikea a limogé plusieurs cadres à la suite de cette affaire.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant