Dix milliards d'euros par an pour les soins dentaires

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INFOGRAPHIE - Les dentistes rappellent leur importance dans l'activité économique.

Les dentistes, en congrès annuel jusqu'à vendredi à Paris, profitent de l'occasion pour rappeler le poids économique de leur profession. Les 40.100 chirurgiens-dentistes, dont 92% exercent en libéral, emploient 47.900 salariés. Ils font aussi travailler 17.800 personnes dans les laboratoires de prothèses et 4000 personnes chez leurs autres fournisseurs, souligne l'Association dentaire française (ADF, qui regroupe les principales organisations professionnelles et organise le congrès). L'an dernier, la dépense en soins dentaires des Français a atteint 9,9 milliards d'euros, sur 175 milliards de soins médicaux.

Problème: l'Assurance-maladie rembourse très bien la prévention (visite annuelle) ou les soins conservatoires (traitement d'une carie, détartrage...) mais très mal les prothèses. Or, dans le premier cas, elle impose les tarifs, et reconnaît elle-même qu'ils ne sont plus fixés à leur juste valeur depuis des années. Les dentistes sont donc amenés à se «refaire» sur les couronnes et autres bridges, dont les tarifs sont, eux, libres.


Est-ce pour cela que les deux tiers des renoncements aux soins concernent le secteur dentaire, selon toutes les enquêtes? «Pour les personnes les plus pauvres, c'est une fausse excuse, répond le Dr Joël Trouillet, de l'ADF. Elles bénéficient de la CMU. Dans ce cas, la Sécu rembourse à 100% les prothèses, avec tiers payant. Les soins sont donc gratuits et on est plutôt face à un problème d'exclusion sociale, de personnes qui ne veulent pas aller chez le dentiste et ont besoin d'un accompagnement. Le problème financier se pose plutôt pour les personnes qui gagnent autour du smic, trop "riches" pour la CMU mais qui ont du mal à se payer une complémentaire santé.» Contrairement à une idée reçue, la part payée directement par les patients tend en effet à reculer (25,7% en 2010, contre 29,3% en 1995 selon la Cour des comptes), tandis que celle réglée par les complémentaires grimpe (37,1% contre 31,2%).

Pour en sortir, un rééquilibrage des tarifs, au profit de la prévention et des soins conservateurs, serait nécessaire. La convention dentistes-Sécu, qui fixe ces prix, doit être renégociée. Mais les dentistes n'attendent guère de miracle compte tenu de l'état des comptes publics...

Le revenu annuel médian des chirurgiens-dentistes tourne néanmoins autour de 75.000 euros (net de charges et impôts professionnels, avant impôt sur le revenu). Ce qui reste plus de quatre fois supérieur à celui des salariés. Mais l'ADF assure que 10% à 15% gagnent moins de 3000 euros mensuels, notamment parmi les jeunes qui investissent des centaines de milliers d'euros dans des équipements numérisés (imagerie, prise d'empreintes...).

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