Dix ans de réclusion pour avoir tué et congelé son conjoint

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Dix ans de réclusion pour avoir tué et congelé son conjoint
Dix ans de réclusion pour avoir tué et congelé son conjoint

LYON (Reuters) - Une femme de 53 ans jugée pour avoir caché le corps de son compagnon dans son congélateur pendant un an et demi après l'avoir tué en 2008 a été condamnée jeudi à 10 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Rhône.

L'avocat général, qui avait demandé une peine de 12 ans de prison à l'encontre de Guylaine Collober, a dressé dans son réquisitoire le portrait d'une femme "dominatrice", "possessive" et "violente" face à un homme soumis et humilié.

"On parle toujours des femmes battues, mais ici, on est en présence d'un homme battu", a dit Christian Roussel. "C'est un cas de violence habituelle et de privation de soins."

Guylaine Collober avait été poursuivie dans un premier temps pour "homicide volontaire" avant de voir les faits requalifiés en "violences sur concubin ayant entraîné la mort sans intention de la donner". La peine maximale pour ces faits est de 20 ans de prison.

Le 9 novembre 2008, une des fréquentes disputes du couple dégénère et Jean-François Poinard, un restaurateur à la retraite de 70 ans, est violemment frappé à la poitrine par sa compagne. Il décède quelques instants plus tard d'un arrêt cardiaque.

Plutôt que d'appeler les secours, Guylaine Collober passe commande d'un grand congélateur, dans lequel elle entrepose le corps habillé d'un pyjama propre et de chaussettes.

"J'avais besoin de le garder, je refusais la mort de mon compagnon", a-t-elle expliqué à la cour d'assises.

"Elle a gardé le cadavre comme s'il y avait une séparation impossible", a confirmé l'expert psychiatre.

Le huis clos macabre s'est poursuivi pendant plus d'un an et demi. Guylaine Collober continuait ainsi de percevoir la retraite de son compagnon décédé et d'utiliser son compte en banque pour payer le loyer et les charges du logement.

C'est également avec ce compte qu'elle a réglé la facture du congélateur jusqu'au jour où la police, alertée par sa propre fille, est venue sonner à sa porte.

"Là, c'est comme s'il allait mourir une deuxième fois, parce que son corps allait se décomposer", a-t-elle dit en larmes.

Cette thèse a été mise à mal par le témoignage du demi-frère de Guylaine Collober, appelé à la rescousse le soir du drame et prié d'apporter "une scie, des outils et un camion-frigo". Ce qu'il ne fera pas.

Son avocat Yves Sauvayre a reconnu que sa cliente n'avait, certes, "pas pris la décision qu'il fallait", mais qu'elle n'avait pas cherché pour autant à se dérober.

"Si elle voulait l'impunité, elle n'aurait appelé personne, elle a semé les cailloux qui ont mené à son arrestation. Et lorsque la police est arrivée, elle a été soulagée", a-t-il avancé. "La congélation ne rend pas les faits plus graves."

Catherine Lagrange, édité par Yves Clarisse

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