Dix ans d'aventure artistique au Festival d'Avignon

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(AFP) - Après 10 ans aux manettes, les deux co-directeur du festival d'Avignon, Hortense Archambault et Vincent Baudriller passent la main après l'été à Olivier Py. Retour sur 10 éditions audacieuses, qui ont fait exploser les limites entre théâtre, danse, arts plastiques et vidéo, au fil des "artistes associés" au festival:

2004: Première édition du duo, marquée par l'installation permanente de l'équipe du festival en Avignon et la nomination d'un ou deux "artistes associés" à la préparation de l'édition. Le premier artiste associé, l'Allemand Thomas Ostermeier, directeur de la Shaunbühne de Berlin, défend un théâtre de troupe engagé sur les questions sociales et politiques de son temps.

2005: La polémique fait rage autour des spectacles du Flamand Jan Fabre, chorégraphe, dessinateur, sculpteur et metteur en scène dont les spectacles font la part belle au corps, à la transgression et à la performance. Autour de lui, d'autres artistes considérés comme étant à la périphérie du théâtre sont invités. Pour Vincent Baudriller, "2005 était davantage un scandale médiatique que dans la réalité. La fréquentation du festival était bonne, près de 90% pour notre deuxième édition, et ce alors que le festival était en plein redressement après l'annulation de 2003" (à cause de la crise des intermittents du spectacle).

Avec le recul, il estime que "ce débat a libéré la définition du théâtre", ouvrant la voie à d'autres artistes radicaux comme Vincent Macaigne, Romeo Castellucci. "Le succès de Romeo Castellucci en 2008 n'aurait peut-être pas été possible s'il n'y avait pas eu 2005".

2006: Le festival prend une coloration plus onirique avec le chorégraphe de culture hongroise Josef Nadj.

2007: Retour au théâtre d'écriture avec l'artiste invité Frédéric Fisbach. On avait beaucoup reproché au duo Archambault/Baudriller de délaisser le "théâtre de texte".

2008: L'actrice française Valérie Dréville et l'Italien Romeo Castellucci sont artistes invités du festival. "Inferno", le spectacle en trois parties de Castelluci inspiré par "La divine comédie" de Dante "est considéré par la plupart des critiques comme le spectacle de la décennie", relève Vincent Baudriller.

2009 Le metteur en scène libano-québécois Wajdi Mouawad ouvre le festival avec la trilogie "Littoral", "Incendies", "Forêts" d'une durée totale de 11 heures, et conclut son cycle du "Sang des Promesses" avec "Ciels".

2010: Le Suisse Christoph Marthaler et son théâtre musical ("Papperlapapp", en quelque sorte "Blablabla" en français) et l'écrivain français Olivier Cadiot sont artistes associés.

2011: Le danseur Boris Charmatz, chef de file de la "non danse", pratique le mélange les genres et intègre d'autres médias à ses performances comme la vidéo, les arts plastiques et la littérature.

2012: Le Britannique Simon McBurney s'attaque à une oeuvre réputée intransposable au théâtre, "Le Maître et Marguerite", de Boulgakov, dans un spectacle "total" où le mur du Palais des papes s'effondre sous l'effet magique de la vidéo.

2013: Pour la première fois, un artiste africain, Dieudonné Niangouna, originaire de Brazzaville est artiste associé du festival, aux côtés du Français Stanislas Nordey, partisan d'un théâtre contemporain où l'acteur tient une place centrale. Dans la foulée de Niangouna, une génération de jeunes artistes africains trentenaires investit la scène. Le nouveau lieu La FabricA, situé dans un quartier populaire d'Avignon, accueille ses premiers spectacles, avant d'héberger tous les ans une compagnie en résidence de création.

La plupart des treize artistes associés, ainsi que les fidèles des dix éditions conçues par le duo Archambault/Baudriller sont présents en 2013 pour des créations, lectures, propositions artistiques dans le programme "Des artistes un jour".

mpf/fa/ed

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