Divorce historique, les Britanniques choisissent la sortie de l'UE

le , mis à jour à 07:47
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    * Le camp du "Leave" emporte une victoire incontestable 
    * La livre à un plus bas historique 
    * "Jour d'indépendance" pour Nigel Farage, partisan du 
Brexit 
 
 (Actualisé avec résultat, perspectives) 
    par Guy Faulconbridge et Alistair Smout 
    LONDRES, 24 juin (Reuters) - Les Britanniques ont choisi de 
sortir de l'Union européenne, montrent les décomptes du 
référendum vendredi matin, et la victoire du "Out" promet de 
représenter le revers le plus sévère connu par le processus 
d'intégration européenne. 
    Les marchés financiers chutaient à l'heure où les résultats 
de la quasi-totalité des 382 circonscriptions montraient que le 
Leave l'emportait, avec environ 51,7% des voix, contre 48,3% 
pour les partisans du maintien.  
    La livre perdait plus de 10% par rapport au dollar vers 
04h00 GMT, et la réaction des marchés laissait présager de 
nombreuses questions quant au rôle de place financière mondiale 
joué par Londres, et des mois d'incertitude politique. 
    L'euro a perdu près de 4% par rapport au dollar, les 
investisseurs s'inquiétant de l'avenir du Bloc des 28 après la 
décision du Royaume-Uni, tandis que l'or, valeur refuge, ainsi 
que le yen, ont enregistré de nets gains. 
    Parmi les eurosceptiques britanniques, l'euphorie est de 
mise. 
    Nigel Farage, leader du parti anti-européen Ukip, a dit 
"oser rêver que l'aube se lève pour un Royaume-Uni indépendant". 
    "Ce sera une victoire pour les gens ordinaires, 
authentiques, une victoire pour les braves gens (...) que le 23 
juin entre dans l'histoire comme le jour de notre indépendance", 
a-t-il clamé. 
    Nigel Farage a en outre appelé le Premier ministre David 
Cameron à démissionner "immédiatement" en cas de victoire du 
"Out". 
    En quittant l'Union européenne, la Grande-Bretagne perdra 
l'accès au marché unique européen et devra conclure des accords 
commerciaux bilatéraux avec ses partenaires dans le monde 
entier. Le président américain Barack Obama a prévenu qu'un 
Brexit renverrait Londres "au bout de la file" pour négocier des 
accords avec les Etats-Unis. 
    Côté européen, l'Union perdra d'un coup près d'un sixième de 
sa production économique, voire un allié diplomatique doté d'un 
vote au Conseil de sécurité de l'Onu. 
    David Cameron doit informer formellement ses homologues 
européens de la décision des Britanniques dans les prochains 
jours et préparer les négociations en vue de la première sortie 
d'un pays de l'Union européenne, sortie qu'il a qualifiée 
d'"irréversible". 
     
    CAMPAGNE VIOLENTE 
    Après quatre mois d'une campagne violente, marquée par de 
fortes divisions, et le meurtre de la députée travailliste et 
pro-européenne Jo Cox, le camp du "Remain" aura été impuissant à 
empêcher la vague anti-système, et les désillusions à l'égard 
d'une Europe jugée distante, bureaucratique et engluée dans des 
crises sans fin. 
    La Grande-Bretagne, qui a rejoint la Communauté économique 
européenne (CEE) en 1973, a toujours été ambiguë dans ses 
positions à l'égard de l'organisation. Fervent soutien du 
libre-échange et de l'élargissement de l'Union européenne aux 
ex-pays communistes, elle a refusé d'adopter l'euro ou de 
rejoindre l'espace Schengen de libre circulation. 
    La communauté internationale s'est prononcée à l'unanimité 
en faveur d'un maintien dans l'UE: Barack Obama, le président 
chinois Xi Jinping, Angela Merkel et la France ont tous appelé 
de leurs voeux une victoire du "Remain". 
     Mais la campagne en vue du référendum, longue de quatre 
mois, a mis à jour des divisions profondes dans la société 
britannique, et les débats sur l'immigration, les accusations de 
mensonge ou de recours à une stratégie de la "peur" ont abondé 
des deux côtés. 
    Vendredi, les appels des eurosceptiques à libérer une 
Grande-Bretagne "enchaînée" à une organisation mourante ont 
triomphé grâce à des millions d'électeurs se sentant laissés 
pour compte par la mondialisation, et peinant à voir les 
bénéfices de l'immigration, ou du libre-échange. 
    Si l'on excepte le Groenland, territoire danois qui est 
sorti de la CEE en 1985 après des désaccords sur les droits de 
pêche, le Royaume-Uni est le premier pays à quitter l'UE, ce qui 
promet d'emmener l'organisation en territoire inconnu. 
    Les ministres des Affaires étrangères et les ambassadeurs 
des Etats-membres se réunissent à Luxembourg à 10h vendredi 
matin. Un autre sommet européen a été reporté à mardi, moment où 
Cameron pourrait déclencher l'article 50 de la Constitution 
européenne, fondement légal permettant la sortie de l'Union qui 
lancerait le départ de deux années en vue d'un divorce. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur le référendum:   
    ENCADRE Les points à surveiller après la clôture du scrutin: 
  
 
 (avec Estelle Shirbon, Sarah Young, Ana Nicolaci da Costa, 
Michael Holden et Elizabeth Piper; Eric Faye, Nicolas Delame, 
Jean-Philippe Lefief, Benoît Van Overstraeten, Henri-Pierre 
André et Julie Carriat pour le service français) 
 
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  • axfapi il y a 6 mois

    bon débarras les Anglais profitaient de tous les avantages de l europe sans débourser un penny. malheureusement cela ne va pas se faire rapidement et ils vont continuer à nous pomper