Divisions à l'Observatoire de la laicité après les attentats

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PARIS, 16 janvier (Reuters) - Les propositions présentées par l'Observatoire de la laïcité afin de "renforcer la cohésion nationale" après les attentats djihadistes qui ont endeuillé la France ne font pas l'unanimité en son sein, trois de ses membres menaçant d'en démissionner. Cette instance présidée par l'ancien ministre socialiste Jean-Louis Bianco, rattachée à Matignon et composée de 23 membres (parlementaires, hauts fonctionnaires et personnalités qualifiées), a publié onze propositions. Elle suggère de créer des établissements privés de théologie musulmane et de formation à l'islamologie ainsi que des "conseillers humanistes" pour apporter un soutien aux détenus afin de lutter contre l'influence de "mouvements extrémistes". L'Observatoire propose également un développement "de l'enseignement laïc du fait religieux dans les établissements scolaires" et la prise en charge dans les programmes scolaires "de toutes les cultures 'convictionnelles' et confessionelles présentes sur le territoire de la République". Trois de ses membres, le député socialiste Jean Glavany, la sénatrice radicale de gauche Françoise Laborde et Patrick Kessel, ancien grand maître du Grand Orient de France, la principale obédience maçonnique française, s'y opposent. Ils affirment vendredi dans un communiqué qu'elles ont été faites "sans aucune délibération collective, par simple consultation électronique et dans la précipitation". Les critiques sur le fond sont encore plus sévères. Les trois signataires du communiqué estiment que ces propositions sont "pour l'essentiel angéliques et pusillanimes, cosmétiques dans le meilleur des cas, tandis que certaines sont clairement antilaïques et évidemment inacceptables pour la République". "Ce qui frappe, c'est le décalage entre ce document et la force des convictions affirmées par le président de la République ces derniers jours et par le Premier ministre dans son discours admirable mardi dernier à l'Assemblé Nationale", pousuivent-ils. Ils évoquent une démission de l'Observatoire mais soulignent ne pas voulor le faire pour, "ne pas donner le sentiment d'abandonner le navire" et afin de "soutenir le Premier ministre dans le combat dont il a affiché clairement l'ambition". "Mais dans une situation politique aussi lourde, et face à des enjeux aussi graves, nous attendons des pouvoirs publics qu'ils mettent bon ordre dans ces dysfonctionnements et ces incohérences", concluent les les trois personnalités. (Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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  • charleco le vendredi 16 jan 2015 à 18:24

    Un observatoire qui ne sert à rien. En plus, avec des francs-maçons, c'est vraiment sans intérêt.

  • sense78 le vendredi 16 jan 2015 à 15:18

    "Elle suggère de créer des établissements privés de théologie musulmane et de formation à l'islamologie ainsi que des "conseillers humanistes" pour apporter un soutien aux détenus afin de lutter contre l'influence de "mouvements extrémistes". BRAVO pour votre défense de la laïcité... Comment éviter de telles conn.. En dissolvant toutes ces commissions, tables rondes, hauts comités de bons à rien qui portent prejudice à notre pays