Diversifier son patrimoine : quand investir rime avec plaisir

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?uvres d'art, forêts ou bijoux séduisent de plus en plus les investisseurs. Mais ils ne sont pas toujours sans risques.

Est-il possible de faire rimer épargne et plaisir? Peut-on transformer une passion pour la sculpture ou les vignobles en un placement financier? De plus en plus d'investisseurs se posent ces questions. Certains cherchent à trouver une alternative aux placements traditionnels, dont les rendements ont été mis à mal par la crise. D'autres sont le plus souvent passionnés par l'art, les chevaux de course, les voitures de collection, les manuscrits, les pierres précieuses ou encore les bijoux anciens... Certains particuliers rêvent aussi d'investir dans des domaines viticoles ou des forêts, par attachement à la terre.

Ces listes ne sont pas exhaustives, car la notion de placement plaisir est très personnelle. «La première motivation des particuliers souhaitant investir dans ce type de placements est généralement affective et liée au plaisir que cela va leur procurer», note Sophie Breuil, responsable de la direction du conseil chez Neuflize OBC. «Pour autant, ces placements ont un intérêt patrimonial et nécessitent une gestion adaptée à chaque typologie», ajoute-t-elle.

Se faire conseiller par une banque reconnue

Investir dans des produits atypiques ne s'improvise pas. Quelle place accorder en effet à des œuvres d'art, à du vin ou encore à une collection de timbres dans un patrimoine? «Ces placements permettent de diversifier un patrimoine. Ils ne doivent pas représenter plus de 5 à 10 % de sa valeur, car contrairement à beaucoup d'idées reçues, ils peuvent être peu liquides et risqués», recommande Franck Bonin, directeur commercial de Société générale Private Banking. Il est aussi indispensable de frapper à la porte d'une banque privée reconnue pour se faire conseiller. En décembre, l'AMF a ainsi appelé les épargnants «à la plus grande vigilance en matière de placements atypiques», proposés par des sociétés généralement non agréées et promettant des rendements mirobolants. Ce qui est un leurre, car les rendements ou les plus-values générés par les placements plaisirs peuvent être aléatoires, chaque catégorie comportant des risques qui lui sont propres.

Ainsi, le marché de l'art est plutôt porteur en ce moment. Mi-mai, à New York, les maisons d'enchères Christie's et Sotheby's ont vendu pour plus de un milliard de dollars d'œuvres d'art moderne et contemporain! Un record. Des œuvres de Jackson Pollock, Roy Lichtenstein et Jean-Michel Basquiat sont parties à prix d'or. Pour autant, chaque investisseur dans l'art ne pourra multiplier par deux, voire par dix, le prix d'achat de la toile pour laquelle il a eu un coup de cœur. «Contrairement à ce que certains pensent souvent, l'art n'est pas une valeur refuge», insiste Antoinette Leonardi, responsable du Conseil en Art pour BNP Paribas Wealth Management, qui intervient dans le domaine des Beaux-Arts de la Renaissance jusqu'au XXe siècle.

Investir dans l'art demande du temps

Le marché de l'art obéit en effet à des modes. «Depuis quelques années, les amateurs d'art du XXe siècle sont de plus en plus nombreux. Il y a trente ans, nos clients privilégiaient davantage les œuvres classiques», explique-t-elle. Plus important encore, pour investir dans l'art, il est nécessaire de disposer de temps. «Ce marché n'est pas liquide. Un investisseur qui devrait revendre un peu trop vite une œuvre, risque, si le moment n'est pas opportun, d'enregistrer une perte en capital», souligne Antoinette Leonardi. Aux yeux de nombreux passionnés, conserver l'œuvre admirée chez soi représente déjà un excellent retour sur investissement. D'un point de vue fiscal, l'art bénéficie d'un traitement de faveur. Et les héritiers d'œuvres importantes peuvent régler leurs droits de succession en proposant la dation d'un des tableaux ou d'une des sculptures hérités à l'État ou à un musée...

Mi-mai à New York, les ventes d'art contemporain ont atteint des sommets. Ce tableau de Jean-Michel Basquiat est parti à 48,8 millions de dollars.
Mi-mai à New York, les ventes d'art contemporain ont atteint des sommets. Ce tableau de Jean-Michel Basquiat est parti à 48,8 millions de dollars. Crédits photo :

Les particuliers qui investissent dans des forêts ou des vignobles veulent aussi profiter le plus possible de leur domaine. «Généralement, les investisseurs recherchent un domaine viticole qui leur permettra d'avoir une activité semiprofessionnelle et une résidence d'agrément, dans une région qui leur est chère», constate Franck Bonin. Cette résidence secondaire deviendra souvent la maison de vacances où pourront se retrouver la famille et les amis. On y dégustera le vin maison.

Le ticket d'entrée de cet investissement est évalué à un million d'euros. Mais la rentabilité n'est pas toujours à la hauteur des espérances. Les rendements viticoles sont souvent faibles et dépendent des conditions climatiques et du cours du vin. En général, le gentleman farmer créera un groupement foncier viticole (GFV). Cette structure juridique facilitera la transmission du domaine aux enfants. Le détenteur de parts bénéficie d'une exonération de droits de succession de 75%, dans la limite de 101.897 euros en 2013, puis de 50% au-delà. Idem en matière d'ISF.

Chevaux de course: la passion

Ceux qui achètent des chevaux de course le font d'abord par passion. Mais ils espèrent aussi obtenir des revenus importants: à condition que le cheval gagne aux courses ou, lorsque le cheval joue son rôle de reproducteur, par des ventes de saillies ou, enfin, à la revente. Encore faut-il miser sur le bon cheval. D'un point de vue fiscal, les propriétaires non professionnels sont plutôt gagnants. Leurs gains de course sont en effet exonérés d'impôt. Les plus-values seront, elles, soumises à l'impôt sur le revenu, mais après abattement par année de détention... «L'avantage fiscal est certes un plus, mais il ne doit en aucun cas être le moteur de l'investissement», rappelle Franck Bonin.

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