Divergences en Israël sur la réponse aux violences palestiniennes

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    par Dan Williams 
    JERUSALEM, 26 novembre (Reuters) - Une partie de 
l'état-major israélien est en désaccord avec le gouvernement de 
Benjamin Netanyahu sur les moyens à mettre en oeuvre pour 
enrayer les violences qui font rage depuis deux mois à 
Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée, où deux Palestiniens 
ont encore été tués jeudi.  
    Depuis le 1er octobre, 19 Israéliens et un Américain ont été 
tués, pour la plupart par de jeunes Palestiniens agissant 
spontanément et à l'arme blanche. Dans le même temps, 90 
Palestiniens ont trouvé la mort lors de ces agressions ou dans 
des affrontements avec les forces israéliennes.  
    Ces violences sont en partie alimentées par les craintes 
liées au statut de l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est. 
Lieu saint de l'islam et du judaïsme, le site est administré par 
les autorités religieuses jordaniennes.  
    Les juifs, qui l'appellent mont du Temple, peuvent s'y 
rendre mais pas y prier, ce que certains contestent. Les 
Palestiniens craignent que les visites régulièrement organisées 
par des mouvements juifs auxquels des élus s'associent parfois 
finissent par remettre en cause ce statut.  
    Pour l'Autorité palestinienne, l'échec du processus de paix 
est également en cause, un avis partagé par plusieurs 
responsables des services de sécurité israéliens.  
    "Déception, lassitude, désespoir poussent notre jeunesse à 
des réactions comme celles auxquelles nous assistons", a déploré 
jeudi le président palestinien Mahmoud Abbas, lors d'une 
conférence de presse.  
     
    "SOULÈVEMENT LIMITÉ" 
    "Le gouvernement israélien a laissé passer toutes les 
occasions de parvenir à la paix et a bafoué les principes des 
accords politiques, sécuritaires et économiques, ce qui nous 
empêche de remplir nos obligations au regard des accords 
bilatéraux", a-t-il poursuivi.  
    La veille, dans la presse, un officier israélien ayant 
requis l'anonymat avait invité Benjamin Netanyahu à désamorcer 
ce "soulèvement limité" en autorisant davantage d'ouvriers 
palestiniens à venir travailler dans l'Etat hébreu, à libérer 
des détenus qui présentent peu de risques et à mieux équiper les 
forces de l'ordre palestiniennes pour leur permettre de mener 
leur mission plus efficacement.  
    Selon le colonel Nimrod Aloni, commandant du premier 
bataillon parachutiste de Tsahal, il y a une "grande confusion" 
dans la lutte contre les violences palestiniennes.  
    "Avons-nous une chance de l'emporter ? Je pense qu'il ne 
s'agit vraiment pas d'une question militaire, que c'est beaucoup 
plus lié aux décisions du gouvernement", a-t-il déclaré jeudi au 
micro de la radio militaire.  
    Yuval Steinitz, ministre israélien de l'Energie, a en 
revanche assuré qu'il n'y avait aucune divergence sur les moyens 
à mettre en oeuvre pour enrayer les violences.  
    "Nous prenons déjà des mesures vigoureuses qui vont, j'en 
suis sûr, donner des résultats", a-t-il dit, évoquant la 
démolition des maisons d'activistes et, dernièrement, le 
démantèlement d'une station de radio de Cisjordanie accusée 
d'incitation au meurtre.  
    La chaîne de télévision de l'Autorité palestinienne pourrait 
connaître prochainement le même sort, a-t-il averti. 
    "Cela peut prendre des semaines, voire des mois, mais le 
terrorisme ne triomphera pas de nous. C'est nous qui 
triompherons de lui", a ajouté le ministre. 
 
 (Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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