Divergences en Europe sur les moyens de relancer la croissance

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Divergences en Europe sur les moyens de relancer la croissance
Divergences en Europe sur les moyens de relancer la croissance

NICOSIE/TALLINN (Reuters) - Le Chypriote Panicos Demetriades, nouveau membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a plaidé samedi pour une stimulation de la croissance au moment où le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, répétait son hostilité à tout financement des mesures de relance par des fonds publics.

"Un filet de sécurité solide pour l'emploi et le niveau de vie des citoyens interrompra la baisse des revenus de l'Etat et par conséquent, l'accroissement des déficits (budgétaires)", a estimé le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Chypre lors de sa première conférence de presse à Nicosie.

Panicos Demetriades s'est prononcé en faveur de l'ajout au pacte budgétaire européen "d'un cadre de mesures pour stimuler la croissance", apportant sa contribution au débat qui s'est accéléré au sein de l'Union européenne depuis l'élection du président français François Hollande et avant le sommet européen du 23 mai.

A Tallinn, où il participe à une conférence, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a toutefois réaffirmé son opposition au financement des mesures de soutien à la croissance par davantage de dépenses publiques.

"On ne peut pas résoudre la crise en ajoutant de la dette à la dette, ce qui affecte déjà nos prévisions de croissance", a argumenté Olli Rehn, qui avait qualifié mardi à Bruxelles de "faux débat" l'opposition entre consolidation et croissance.

"L'AUSTÉRITÉ NE SUFFIT PAS"

"Dans la situation économique actuelle, de basse croissance et de dette élevée, nous n'avons pas le choix: nous devons faire l'un et l'autre", avait-il expliqué.

"Il faut poursuivre la consolidation budgétaire car nous souffrons d'un niveau très élevé de dette publique, qui a augmenté en moyenne de 60% à 90% en Europe", a-t-il martelé samedi lors de sa présentation.

Panicos Demetriades a estimé de son côté que l'austérité budgétaire n'était pas une solution miracle.

"Préserver le pacte budgétaire adopté par les dirigeants européens est un pas important en direction du rétablissement de l'équilibre budgétaire, mais une récession aggravée par l'austérité alimente un cercle vicieux entre une baisse de la production et une accentuation du manque de ressources budgétaires", a expliqué le membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

"Nous avons maintenant compris, à Chypre comme dans le reste de la zone euro, que l'austérité ne suffit pas à elle seule pour assainir les finances d'un pays, surtout quand tous les autres pays de l'UE appliquent la même politique", a-t-il conclu.

Panicos Demetriades avait estimé avant sa nomination au poste de gouverneur que la BCE devrait réévaluer sa politique monétaire trop centrée, selon lui, sur le contrôle de l'inflation, sur le modèle de la Bundesbank allemande.

Michele Kambas à Nicosie et David Mardiste à Tallin; Tangi Salaün pour le service français

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