Distribution: une drôle d'idée pour en finir avec la guerre des prix...

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Le Conseil économique social et environnemental (Cese) propose d'interdire à la fois la publicité comparative entre enseignes et les prospectus vantant les prix imbattables que les consommateurs reçoivent dans leur boîte aux lettres.

Le Conseil économique social et environnemental (Cese) vient de voter son avis sur les circuits de distribution des produits alimentaires: 191 votes pour, 0 contre et 4 abstentions. Pour une institution qui vise le consensus, le score est glorieux. En cause dans cet avis, les dégâts qu'occasionne la guerre des prix à laquelle se livrent les grandes enseignes de distribution alimentaire et qui se répercutent sur toute la chaîne - producteurs, industriels et distributeurs.

Parmi les façons d'y remédier, le palais d'Iéna avance plusieurs pistes, avec en toile de fond la volonté de changer les mentalités en faisant accepter à l'ensemble de la filière qu'il n'y a pas que le prix qui compte. Pour cela, la recommandation du Conseil est claire: il faut arrêter la publicité axée sur les prix et en finir avec les prospectus que les consommateurs reçoivent dans leur boîte aux lettres, mettant en avant les prix imbattables des fraises, des chipolatas et autres couches-culottes... «Cela ne valorise pas les produits», déplore le rapporteur Albert Ritzenthaler (CFDT) qui siège à la section de l'agriculture, de la pêche et de l'alimentation.

«La guerre des prix a été ravageuse»

En complément de cette mesure écologique qui, si elle était adoptée par voie législative ou réglementaire, ne manquerait pas de susciter la colère des distributeurs, les membres de la commission proposent d'interdire la publicité comparative entre les enseignes «qui n'ont pas de réalité car les prix sont aujourd'hui ajustés d'heure en heure dans les magasins». D'autant que, selon le Cese, les économies de 3 euros par mois et par ménage que permet la guerre des prix, «le consommateur ne s'en aperçoit pas».

«Le cœur de l'enjeu est de respecter tous les acteurs, afin de ne pas faire comme aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni où la guerre des prix a été ravageuse», plaide Albert Ritzenthaler. Au bout du compte, si les consommateurs acceptaient de regarder les produits d'un autre œil, et avec un porte-monnaie plus ouvert, la valeur ajoutée pourrait être répartie de façon plus équitable. Sur ces bonnes intentions, le Cese ne manquera pas de recueillir une fois encore un consensus.

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