Distribution-Des négociations encore plus dures, selon l'Ania

le
0
    PARIS, 1er mars (Reuters) - Les négociations commerciales 
annuelles entre la grande distribution et les industriels ont 
été d'une dureté "extrême", selon l'Association nationale des 
industries alimentaires (Ania) qui plaide pour la construction 
d'un nouveau modèle pour l'ensemble de la filière. 
    Ces négociations, entamées en novembre, ont pris fin lundi 
soir après des mois de tensions entre les différents acteurs sur 
fond de crise agricole et de baisse des prix. 
    L'affrontement a été rude malgré les appels répétés des 
distributeurs à la nécessité de mettre fin à une guerre des prix 
ravageuse pour leurs marges et celles de leurs fournisseurs. 
    "Les demandes de baisses de prix ont pu atteindre 3% à 6% et 
l'Ania a reçu plus de 300 signalements de comportements 
abusifs", a déclaré à Reuters son président Jean-Philippe 
Girard, évoquant des demandes baisses de prix abusives, des 
menaces de déréférencements ou des menaces verbales. 
    "Il n'y a eu aucun changement de comportement de la part des 
distributeurs. Les négociations ont été pires qu'en 2014", 
a-t-il précisé, appelant à des "négociations responsables et 
solidaires pour la reconstruction d'une filière". 
    Jacques Creyssel, président de la fédération des 
distributeurs (FCD), a quant à lui renvoyé la balle dans le camp 
des industriels. 
    "Les négociations avec les PME sont terminées depuis 
longtemps. Celles qui viennent de s'achever concernent les très 
grands groupes. Quand on voit l'évolution de leurs marges, on a 
de quoi négocier jusqu'au bout", a-t-il dit sur France Info, 
faisant allusion aux géants comme Danone  DANO.PA , Nestlé 
 NESN.VX  ou Coca-Cola  KO.N . 
    Dans un marché de la consommation atone, les distributeurs,  
aidés par leur regroupement autour de quatre centrales d'achats 
toutes puissantes, se livrent à une redoutable guerre de parts 
de marché passant par les prix. 
    Le ministère de l'Agriculture a annoncé en revanche qu'en 
matière de denrées agricoles, industriels et distributeurs 
avaient mis fin à la "spirale à la baisse" des prix du lait, une 
stabilisation confirmée par la FCD.  
    Le gouvernement avait menacé la grande distribution et les 
industriels de durcir la réglementation encadrant les 
négociations commerciales avec les producteurs en difficulté si 
la campagne 2016 devait se traduire par des baisses de prix. 
  
    En pleine crise agricole, François Hollande a évoqué la 
nécessité de revoir la LME (loi de modernisation de l'économie) 
de 2008, estimant qu'il s'agissait d'une loi "en faveur de la 
distribution et contre les producteurs". 
    Sur ce point, distributeurs et industriels s'accordent. 
Plutôt qu'une modification législative, ils plaident pour des 
mesures d'amélioration de la compétitivité des produits 
agricoles français et pour une production plus en phase avec les 
besoins des consommateurs.  
    "Il faut un audit et un diagnostic partagé par tous. Il faut 
se mettre autour de la table et construire un nouveau modèle 
pour la filière", a plaidé Jean-Philippe Girard. 
 
 (Pascale Denis, édité par Cyril Altmeyer) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant