Distributeurs et restaurateurs craignent une fin d'année difficile 

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La fréquentation des commerces baisse depuis cet été et les clients dépensent moins. La situation pourrait empirer.

Petits et grands commerçants tirent la sonnette d'alarme. Les membres de la fédération Procos, qui regroupe 240 enseignes de distribution (Decathlon, Monoprix, Fly, Truffaut...) et de restauration (McDonald's, Flunch...), se trouvent «dans une situation inédite depuis juin, prévient Pascal Madry, directeur de Procos. Celle d'une baisse conjointe de la fréquentation des magasins, du taux de transformation des visiteurs en clients et du panier moyen».

La fédération a interrogé cinquante de ses membres. Ces derniers ont constaté une régression de leur chiffre d'affaires au cours de l'été : la chute a été de 4,9 % en juillet, puis de 4,5 % en août. «Tous les secteurs d'activités sont affectés, selon Procos. Et ce que les magasins soient installés en centre-ville ou dans une galerie commerciale ou dans un centre commercial.»

La météo maussade et le fait que cet été soit comparé à une saison estivale 2010 exceptionnelle - l'activité avait bondi de près de 10 % en juillet - ne suffisent pas à expliquer la chute récente. La cassure est nette : le chiffre d'affaires cumulé des près de 37.000 points de vente adhérents était encore en progression de 3,4 % au premier semestre, en partie en raison de la date avancée des soldes. Mais, après prise en compte des mauvaises ventes de l'été, l'activité est seulement quasi stable (+ 0,3 %) entre janvier et août.

Les stocks s'amoncellent dans le prêt-à-porter

Outre la concurrence des e-commerçants, ressentie depuis des années, les commerçants subissent désormais celle des drives. Ces points de retrait de courses commandées en ligne dispensent le consommateur d'une visite dans une galerie commerciale, où il risque de succomber à la tentation des boutiques.

De plus, la concurrence entre enseignes et entre galeries commerciales s'intensifie par la création de mètres carrés, dénonce la fédération. «Depuis 1994, la surface totale progresse de 3,5 % tous les ans, selon l'Insee, alors que la consommation progresse de 2 %, au mieux», relève Pascal Madry.

La moitié des membres de Procos anticipe une dégradation de leur activité d'ici à la fin de l'année. Dans le prêt-à-porter notamment, «les stocks s'accumulent, annonçant une multiplication des opérations de déstockage et une dégradation des marges», précise Procos.

Les enseignes ne devraient donc pas revenir cette année à leur niveau de ventes d'avant-crise, comme elles l'espéraient. Pour 2012, les prévisions des dirigeants sont aussi plutôt sombres : ils tablent sur un chiffre d'affaires stable ou au mieux en hausse de 1,5 %. Au lieu de baisser leurs prix, ils comptent attirer les consommateurs par de nouveaux produits ou services.

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