Dissolution de l'équipe de gymnastique des pompiers de Paris

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PARIS (Reuters) - Le commandant des 8.000 pompiers de Paris, le général Gilles Glin, a annoncé lundi la dissolution de l'équipe de gymnastique après l'affaire de bizutage et de viol présumé dans un bus au retour d'une compétition sportive.

S'exprimant au quartier-général de la brigade porte de Champerret (XVIIe), il a déclaré devant plusieurs centaines de militaires avoir le "sentiment d'une trahison" des valeurs des pompiers.

"Si les faits étaient avérés, il leur a dit qu'il percevrait cela comme une trahison, une trahison de nos valeurs", a rapporté le colonel Pascal le Testu, porte-parole de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP).

"Il a également rappelé l'exigence de l'exemplarité morale des sapeurs pompiers compte tenu de leur statut militaire et de leur 200 ans d'histoire et rappelé que le bizutage était strictement interdit", a-t-il ajouté.

L'équipe de gymnastique, qui comportait 48 membres, devait prochainement passer à 35.

Douze pompiers de Paris ont été mis en examen samedi pour cette affaire. Celui qui est soupçonné d'en être l'auteur principal a été placé en détention provisoire. Les onze autres ont été remis en liberté mais suspendus de leurs fonctions.

Quatre sont mis en examen pour "viol en réunion" et neuf pour "violence volontaire aggravée". Ils sont passibles de la cour d'assises.

Outre la victime du viol présumé, la plainte d'un autre jeune homme qui dit avoir été passé à tabac a été retenue et jointe aux poursuites.

Parallèlement, une enquête interne a été ouverte.

L'affaire est la plus grave ayant touché la prestigieuse Brigade des sapeurs-pompiers de Paris, unité d'élite créée en 1811 sous Napoléon, au statut militaire et professionnel, une exception en France avec Marseille.

L'un des défenseurs des mis en cause a laissé entendre que le jeune pompier de 24 ans qui a porté plainte pour viol avait annoncé qu'il allait provoquer prochainement un incident.

Mais l'avocat des deux victimes présumées, Nicolas Cellupica, a répondu dans plusieurs médias que le viol de la victime avait été constaté par un examen médical et que tous les pompiers mis en cause avaient avoué les violences, précisant cependant qu'elles "ne reconnaissent" pas le viol.

Me Cellupica a aussi annoncé que "de très nombreux pompiers et anciens pompiers" l'avaient contacté et qu'une association était en cours de création "pour dire stop à ces agissements et barbaries".

Les faits présumés constitueraient selon les témoins une sorte de rituel d'initiation violent. La jeune recrue a porté plainte après ce qu'il dit avoir subi dimanche 6 mai au retour d'une exhibition sportive en Alsace.

Gérard Bon, édité par Patrick Vignal

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