Discussions sur le Yémen à Genève, les Houthis attendus mardi

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(Actualisé, délégation houthie attendue mardi, §4) par Tom Miles GENEVE, 15 juin (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a ouvert lundi à Genève des pourparlers sur le Yémen en appelant à un cessez-le-feu humanitaire d'au moins deux semaines. "Aujourd'hui, l'existence même du Yémen tient à un fil. Tandis que les parties se querellent, le Yémen brûle", a-t-il dit. Les pourparlers de paix sous l'égide de l'Onu devaient initialement débuter dimanche mais avaient été repoussés de vingt-quatre heures. Les délégués des miliciens chiites houthis, qui ne sont pas encore arrivés à Genève, sont attendus au bord du lac Léman dans les premières heures de mardi, a déclaré à New York le porte-parole de l'Onu, Stéphane Dujarric. Il a précisé que l'avion de la délégation houthie avait quitté Djibouti lundi à 19h10 locales (16h10 GMT) à destination de la Suisse. Les discussions de Genève visent à mettre un terme au conflit qui dure depuis deux mois et a tué près de 2.600 personnes, et à éviter une partition permanente du pays. Elles devraient durer deux à trois jours, au cours desquels l'émissaire spécial de l'Onu pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, fera la navette entre les délégations des deux camps. Peu d'éléments laissent espérer cependant qu'elles mèneront à une fin rapide des hostilités. Le président yéménite Abd-Rabbou Mansour Hadi, exilé en Arabie saoudite depuis le déclenchement de l'offensive aérienne saoudienne le 26 mars, estime que les discussions doivent avant tout porter sur la résolution 2216 du Conseil de sécurité des Nations unies qui appelle les Houthis à quitter les principales villes du pays, dont la capitale Sanaa, qu'ils contrôlent depuis septembre, et à reconnaître l'autorité du chef de l'Etat. POURSUITE DES COMBATS A Genève, le ministre yéménite des Affaires étrangères, Ryad Yassine, a indiqué qu'il était disposé à discuter d'un cessez-le-feu limité mais a posé ses conditions. "S'ils commencent à se conformer à la résolution de l'Onu, libèrent les prisonniers qu'ils détiennent, plus de 6.000 dont le ministre de la Défense, s'ils se retirent d'Aden, de Taëz et d'autres villes et cessent de tuer des innocents, alors on pourra discuter", a-t-il dit. Au Yémen, le rendez-vous de Genève n'a pas été précédé d'une accalmie dans les combats. Dans la nuit de dimanche à lundi, des avions de la coalition saoudienne ont bombardé Sanaa. Des combats faisaient par ailleurs rage lundi dans le centre et le sud du pays entre les miliciens chiites et des tribaux et milices pro-Hadi. Dimanche, les combattants chiites et leurs alliés de l'armée restés fidèles à l'ancien président Ali Abdallah Saleh se sont emparés d'Al Hazm, la capitale de la grande province désertique du Jawf, jouxtant la frontière saoudienne. A Genève, Ban Ki-moon a souligné que le conflit au Yémen favorisait les desseins de groupes djihadistes qui exploitent le vide politique pour consolider leur implantation. Avant le début de la crise, le Yémen abritait Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), considéré comme la branche la plus active de la nébuleuse créée par Oussama ben Laden et dirigée par Aïmane al Zaouahiri. L'organisation djihadiste rivale Etat islamique (EI) a revendiqué deux attentats suicides qui ont fait près de 140 morts et plus de 350 blessés en mars à Sanaa, dans des mosquées fréquentées par des chiites. "Le conflit renforce certains des groupes terroristes les plus cruels de la planète", a dit Ban. "La région ne peut pas se permettre une nouvelle plaie ouverte à l'image de la Syrie et la Libye", a-t-il ajouté. (avec Mohammed Ghobari à Sanaa, Mohammed Mukhashaf à Aden et Louis Charbonneau à l'Onu; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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