Discussions secrètes entre Kaboul et les taliban au Qatar

le
0
 (Actualisé avec responsables des taliban confirmant et 
démentant, précisions) 
    ISLAMABAD, 18 octobre (Reuters) - Deux responsables des 
taliban ont déclaré à Reuters que des négociations de paix 
secrètes entre le mouvement islamiste et les autorités afghanes 
avaient eu lieu au début du mois au Qatar, même si le 
porte-parole officiel des taliban a nié que de tels pourparlers 
aient eu lieu. 
    Les deux responsables, basés pour l'un au Qatar et pour 
l'autre aux Emirats arabes unis, ont confirmé sous le sceau de 
l'anonymat une information d'abord rapportée par le quotidien 
britannique The Guardian. 
    Ils ont précisé que les discussions n'avaient pas débouché 
sur de réels progrès, ajoutant que des officiels américains 
étaient impliqués dans le processus sans toutefois dire s'ils 
avaient directement pris part aux discussions. 
    Les autorités afghanes et américaines ont demandé à cette 
occasion aux taliban de décréter un cessez-le-feu, de déposer 
les armes et d'entamer un véritable processus de paix, a dit le 
responsable basé aux Emirats. 
    Les émissaires des taliban ont demandé en retour à être 
reconnus en tant que mouvement politique, que leurs dirigeants 
soient retirés d'une liste noire de l'Onu ainsi que la 
libération de l'ensemble de leurs membres détenus dans les 
prisons afghanes. 
    "Comme lors des précédentes réunions, cela a été une perte 
de temps et d'énergie, car rien n'en est ressorti", a déclaré le 
responsable aux Emirats. 
    Le porte-parole des taliban, Zabihullah Mujahid, a nié ces 
informations, les qualifiant de propagande destinée à diviser le 
mouvement islamiste. 
     
    "PARVENIR À UNE PAIX DURABLE" 
    Selon le Guardian, qui cite un dirigeant taliban, les 
discussions se sont tenues en présence du mollah Abdul Manan, 
frère du fondateur du mouvement, le mollah Mohamed Omar, mort en 
2013, et d'un diplomate américain. 
    L'ambassade des Etats-Unis à Kaboul n'a pas souhaité faire 
de commentaire et a renvoyé vers le département d'Etat à 
Washington. 
    Le porte-parole du président afghan Ashraf Ghani n'a pas 
voulu non plus confirmer ni infirmer la tenue des discussions, 
mais il a déclaré que Kaboul utiliserait "tous les moyens 
possibles pour parvenir à une paix durable". 
    Conduites sous l'égide du Pakistan, les précédentes 
négociations ont cessé après la mort de l'ancien dirigeant 
taliban, le mollah Akhtar Mansour, tué par un drone américain au 
mois de mai. 
    Sous la conduite de leur nouveau chef de file, Haibatullah 
Akhundzada, les taliban afghans ont intensifié cet été leurs 
opérations de guérilla, attaquant la ville de Kunduz, dans le 
Nord, et menaçant le chef-lieu de la province méridionale 
d'Helmand, Lashkar Gah. 
    Aucun représentant pakistanais n'a participé aux dernières 
discussions, selon le Guardian. 
    Les relations entre Kaboul et Islamabad se sont 
considérablement détériorées au cours de l'année écoulée, les 
Afghans accusant notamment les Pakistanais d'abriter les taliban 
et de ne pas en faire suffisamment pour les ramener à la table 
des négociations, ce que réfute Islamabad. 
 
 (Drazen Jorgic, Nicolas Delame et Tangi Salaün pour le service 
français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant