Discussions Merkel-Davutoglu à Istanbul sur la crise migratoire

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ISTANBUL, 18 octobre (Reuters) - La Turquie est prête à coopérer avec l'Allemagne dans la lutte contre l'immigration illégale mais la crise migratoire actuelle en Europe ne pourra être résolue sans un règlement du conflit en Syrie, a réaffirmé dimanche le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu qui recevait à Istanbul la chancelière allemande Angela Merkel. Lors d'une conférence de presse commune, Ahmet Davutoglu a souhaité une accélération du processus d'adhésion de son pays à l'Union européenne et a reconnu que des progrès avaient été réalisés sur la question des visas -- Ankara souhaite que les ressortissants turcs soient exemptés de visa pour se rendre dans l'UE. Si l'on veut réduire le flot de migrants vers l'Union, le Premier ministre turc a réaffirmé la nécessité, selon lui, d'instaurer une "zone de sécurité" dans le nord de la Syrie, une idée que son pays défend depuis plusieurs mois. Il a dit craindre de nouvelles arrivées de réfugiés en Turquie en raison de l'intensification des combats autour de la ville d'Alep et des bombardements de l'aviation russe qui appuie les forces gouvernementales syriennes. Il y a actuellement 2,2 millions de Syriens et 300.000 Irakiens en Turquie. L'Allemagne, a dit Angela Merkel, est prête à appuyer la Turquie dans ses efforts pour adhérer à l'UE et à soutenir Ankara en échange de l'aide d'Ankara face au flux migratoire. "L'Allemagne est prête cette année à ouvrir le chapitre 17 et à préparer l'ouverture des chapitres 23 et 24", a-t-elle dit. Ankara a entamé les négociations formelles d'adhésion en 2005 mais en raison de l'opposition de plusieurs membres de l'UE dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé. Le chapitre 17 concerne la politique monétaire et économique. La France a levé en 2013 son blocage sur le chapitre 22 sur la politique régionale et s'est dite prête à ouvrir les chapitres 23 et 24 qui couvrent les domaines des droits fondamentaux et de la justice. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé vendredi que l'UE avait mis trop de temps à réaliser l'importance du rôle d'Ankara dans la crise des migrants et accusé les dirigeants européens de manquer de sincérité quand ils évoquent l'adhésion de la Turquie. A l'issue d'un Conseil européen consacré à la crise migratoire, les dirigeants de l'UE se sont mis d'accord sur un "plan d'action" prévoyant une aide financière qui pourrait s'élever à trois milliards d'euros pour la Turquie, la perspective d'un assouplissement de l'octroi de visas pour ses ressortissants et une relance des discussions sur son adhésion en échange de sa coopération face à l'afflux de réfugiés vers l'Europe. ID:nL8N12G2PO (Asli Kandemir et Paul Carrel; Guy Kerivel pour le service français)

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