Discussions internationales sur la Syrie le 14 décembre à Paris

le , mis à jour à 19:44
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 (Actualisé avec réaction de Paris, citation d'Assad et 
précisions sur l'accord de Ryad § 11-12-15-16) 
    par Lesley Wroughton et John Irish 
    PARIS, 11 décembre (Reuters) - Une réunion sur la Syrie aura 
lieu ce lundi à Paris pour préparer la suite du processus 
diplomatique amorcé ces dernières semaines à la lumière de 
l'accord trouvé à Ryad par des groupes de l'opposition et de la 
rébellion syriennes, a-t-on appris vendredi de source 
diplomatique. 
    Les puissances mondiales et régionales du Groupe de soutien 
international à la Syrie (ISSG), qui intègre la coalition des 
pays hostiles à Bachar al Assad mais aussi la Russie et, c'est 
une première, l'Iran se sont entendues sur une feuille de route 
prévoyant notamment de réunir des représentants du gouvernement 
et de l'opposition syriens pour des négociations officielles 
sous les auspices des Nations unies, avec le 1er janvier en date 
butoir. 
    Après deux premières réunions organisées à Vienne les 30 
octobre et 14 novembre, un nouveau rendez-vous est prévu pour le 
18 décembre à New York. 
    Réunis cette semaine à Ryad, plusieurs groupes de 
l'opposition et de la rébellion syriennes, dont le groupe 
islamiste armé Ahrar al Cham, sont convenus qu'une délégation 
commune rencontrerait dans les dix premiers jours de janvier des 
représentants du gouvernement syrien. (voir  ID:nL8N13Z3CA ) 
    "Avec nos partenaires, l'idée de Paris est de préparer la 
nouvelle échéance de Vienne (ndlr, la réunion du 18) en tenant 
compte des résultats de Ryad", a expliqué une source 
diplomatique française. 
    Il a ajouté que de nouvelles tractations devraient se 
dérouler au cours du week-end dans la capitale saoudienne. 
    "Il faut arriver à mettre autour de la table, dans la 
réunion préparatoire qui aura lieu à Paris le 14, puis celle du 
18 à New York, une délégation syrienne qui tienne la route face 
au régime syrien", précise une autre source diplomatique 
française. 
     
    ASSAD: PAS DE NÉGOCIATIONS AVEC DES "GROUPES TERRORISTES" 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui participera à 
la réunion ministérielle de Paris programmée lundi à 18h00 
(17h00 GMT), a estimé vendredi qu'il restait encore des 
questions à régler au sujet de l'accord de Ryad mais s'est dit 
optimiste sur une issue favorable. 
    "Il y a des questions et de toute évidence, à notre avis, 
encore des problèmes à résoudre. J'ai confiance que cela pourra 
être fait", a-t-il dit sans autres précisions à des journalistes 
en marge des négociations de la COP21 sur le climat à Paris. 
    Kerry rencontrera également le 15 décembre à Moscou le 
président russe Vladimir Poutine et son homologue russe Sergueï 
Lavrov, a précisé le département d'Etat. 
    De son côté, le Quai d'Orsay a salué les conclusions de la 
réunion de Ryad et "l'adoption d'une plate-forme commune 
réaffirmant l'attachement à une Syrie unie, libre, démocratique, 
respectueuse des droits de tous les citoyens, ainsi que par 
l'élection d'un comité chargé de nommer les négociateurs de 
l'opposition". 
    "Il s'agit d'une étape majeure du processus initié le 14 
novembre à Vienne en vue de trouver une issue politique au 
conflit syrien", a poursuivi un porte-parole du ministère des 
Affaires étrangères. 
    A l'inverse, l'Iran, principal allié régional d'Assad, a 
critiqué la réunion de Ryad, affirmant que des groupes liés à 
l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) y avaient 
participé. "Il ne sera pas toléré que ces groupes terroristes 
décident de l'avenir de la Syrie", a prévenu le vice-ministre 
iranien des Affaires étrangères Hossein Amirabdollahian cité 
jeudi par l'agence Fars. 
    Dans une interview accordée à l'agence de presse espagnole 
EFE reprise vendredi par des médias d'Etat syriens, Assad 
affirme lui aussi que les Etats-Unis et l'Arabie saoudite 
veulent que des "groupes terroristes" participent à ces 
négociations. 
    "Ils veulent que le gouvernement syrien négocie avec des 
terroristes, une chose que personne je pense n'accepterait dans 
aucun pays", poursuit le président syrien qui proclame son 
"refus absolu" de considérer comme "entité politique" des 
militants.    
    Selon une liste des participants que Reuters a pu consulter 
vendredi, les représentants des groupes armés sont majoritaires 
au sein de la "plate-forme" censée désigner les négociateurs de 
l'opposition et superviser au nom de l'opposition syrienne 
d'éventuels pourparlers de paix avec le gouvernement de Damas. 
(voir  ID:nL8N14045O ) 
 
 (avec Elizabeth Pineau et Marine Pennetier à Paris, Angus 
McDowall à Ryad, Parisa Hafezi à Ankara et John Davison à 
Beyrouth; édité par Henri-Pierre André) 
 
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