Discussions à Strasbourg entre Ankara et le Conseil de l'Europe

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    BERLIN, 7 septembre (Reuters) - Une délégation du ministère 
de la justice turc a rencontré à Strasbourg le Conseil de 
l'Europe pour examiner les conventions européennes en matière de 
droits de l'homme en vue de poursuivre en justice ceux qu'elle 
tient pour responsables du putsch manqué du 15 juillet, a 
annoncé l'organisation. 
    Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, 
rencontrera d'autres ministres membres de l'organisation 
internationale mercredi, a précisé à Reuters son secrétaire 
général, Thorbjorn Jagland, en marge d'une conférence organisée 
à Berlin par la diplomatie allemande. 
    "Nous avons travaillé avec eux. Nous voulons nous assurer 
que des garde-fous judiciaires sont en place", a dit Thorbjorn 
Jagland. "Ils gardent à l'esprit que s'ils ne mettent pas cela 
en place, nombre de ces cas finiront par arriver devant la cour 
de Strasbourg". 
    La rencontre entre la Turquie et le Conseil de l'Europe a eu 
lieu vendredi, a-t-il précisé en outre. 
    La Cour européenne des droits de l'homme, instituée par le 
Conseil de l'Europe, statue à Strasbourg sur le respect de la 
convention du même nom (CEDH). La Turquie a ratifié la 
Convention européenne des droits de l'homme en 1954. 
    Ces discussions avec le Conseil s'inscrivent dans un 
contexte de tentatives d'apaisement entre l'UE et la Turquie. La 
réaction négative des dirigeants européens aux purges menées par 
le président Recep Tayyip Erdogan après la tentative de coup a 
été peu appréciée d'Ankara. 
    Selon le site de la Cour européenne des droits de l'homme, 
la Turquie a fait l'objet de plus de 3.200 requêtes en 2015, 
dont 3.060 jugées non recevables. Sur les 87 jugements rendus à 
l'égard du pays, 79 le reconnaissent coupable d'au moins une 
violation de la CEDH. 
    "Nous avons déjà des milliers de cas. Il ne faudrait pas que 
nous en recevions de nouveaux", a dit le secrétaire général du 
Conseil de l'Europe. 
    Le Conseil et Ankara travaillent notamment à résoudre les 
cas où la Cour a jugé que l'application des lois turques, voire 
les lois elles-mêmes, violaient le droit européen en matière de 
liberté d'expression, a précisé Thorbjorn Jagland. 
    Les discussions de Strasbourg sont distinctes des 
négociations avec les 28 membres de l'UE quant à l'exemption de 
visa de voyage pour les Turcs se rendant dans l'UE, mais 
pourraient aider Ankara à mieux comprendre quelles lois 
devraient être réformées, a-t-il ajouté. 
    Dimanche, la chancelière allemande, Angela Merkel, a émis 
l'espoir que l'UE et la Turquie pourront prochainement résoudre 
leur différend sur cette exemption, une des clauses de l'accord 
sur les réfugiés conclu en mars entre Bruxelles et Ankara. 
  
 
     
     
 
 (Andrea Shalal; Julie Carriat pour le service français) 
 
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