Discussions à Bagdad sur un engagement US renforcé contre l'EI

le , mis à jour à 20:54
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 (Précisions, déclarations) 
    par Yeganeh Torbati 
    BAGDAD, 16 décembre (Reuters) - Le secrétaire américain à la 
Défense, Ashton Carter, qui a effectué mercredi une visite 
impromptue à Bagdad, a étudié avec les dirigeants irakiens les 
moyens d'intensifier la lutte contre les djihadistes, notamment 
par l'engagement d'hélicoptères de combat américains pour 
reprendre les territoires contrôlés par l'Etat islamique (EI). 
    Les Etats-Unis sont prêts à accroître leur aide aux forces 
de sécurité irakiennes, qui voudraient notamment reprendre 
Mossoul, la deuxième ville du pays occupée par l'EI depuis juin 
2014. 
    Ashton Carter a cependant souligné que toute initiative 
américaine sur le terrain devrait obtenir le feu vert du Premier 
ministre irakien Haïdar al Abadi, dans le respect de la 
souveraineté de l'Irak. 
    Jusqu'ici, le Premier ministre, un chiite, n'a pas réclamé 
le soutien des hélicoptères Apache. Soutenues par l'Iran, les 
puissantes milices chiites qui appuient l'armée irakienne contre 
l'EI ne veulent pas voir les forces américaines s'engager plus 
en Irak. 
    "Nous avons parlé des possibilités d'accroître, à l'avenir, 
la contribution des Etats-Unis aux succès (de l'armée irakienne) 
sur le terrain", a dit Ashton Carter aux journalistes. "Tous 
deux, Abadi et moi, nous supposons qu'il y a aura de telles 
possibilités lorsque les forces irakiennes avanceront vers 
Mossoul, et nous (Américains) sommes prêts à accroître notre 
contribution." 
    Tout déploiement d'hélicoptères de combat et de conseillers 
américains dépendra du Premier ministre irakien, a insisté le 
secrétaire à la Défense. 
     
    HÉLICOPTÈRES 
    "Le Premier ministre n'a fait aucune demande concernant les 
hélicoptères (...) en rapport avec les opérations menées 
actuellement à Ramadi", a-t-il poursuivi. 
    Le gouvernement irakien et le général Sean B. MacFarland, 
qui supervise les opérations contre l'EI, ne pensent d'ailleurs 
pas que l'engagement de ces hélicoptères soit actuellement 
nécessaire pour reprendre aux djihadistes cette ville située à 
l'ouest de Bagdad. 
    "Mais il n'est pas dit qu'ils (ces hélicoptères) ne fassent 
pas la différence un jour ou l'autre", a ajouté Ashton Carter. 
    Dix mille combattants des forces de sécurité irakiennes 
encerclent actuellement Ramadi. "Nous sommes optimistes", a 
assuré le général MacFarland, sans dire dans combien de temps, à 
son avis, la ville pourrait être reprise. 
    La chute de Ramadi en mai dernier avait constitué un revers 
sans précédent pour les autorités irakiennes et leurs alliés 
depuis l'émergence spectaculaire de l'EI à l'été 2014 à Mossoul 
et dans de larges portions des territoires irakien et syrien. 
(voir  ID:nL5N0YE021 ) 
    Haïdar al Abadi, pour sa part, a fait état de "progrès 
énormes" dans le secteur de Ramadi et a affirmé que les forces 
irakiennes "étaient sur le point de briser l'échine" de l'EI. 
    Depuis les attaques djihadistes qui ont fait 130 morts à 
Paris et Saint-Denis le 13 novembre, le gouvernement américain 
semble vouloir accélérer le tempo d'une campagne engagée à l'été 
2014. 
    Washington a notamment annoncé au début du mois le 
déploiement de membres des forces spéciales américaines pour 
aider l'armée irakienne à combattre les djihadistes et pour 
mener des opérations unilatérales en Syrie. 
 
 (Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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