Discriminations en entreprise : un premier bilan accablant

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La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a dressé mercredi un "premier constat sombre" du "testing" mené auprès d'une quarantaine d'entreprises pour lutter contre les discriminations au travail. La lenteur du processus et les blocages du patronat font craindre que plusieurs mesures ne voient le jour.

De gauche à droite, la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts ; du Travail, Myriam El Khomri ; et de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, le mercredi 16 novembre 2016. ( AFP / DOMINIQUE FAGET )
De gauche à droite, la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts ; du Travail, Myriam El Khomri ; et de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, le mercredi 16 novembre 2016. ( AFP / DOMINIQUE FAGET )

"Parmi la quarantaine d'entreprises de plus de 1.000 salariés testées, même si de bons élèves se distinguent, un premier constat sombre s'impose à nous : les hommes et femmes d'origine supposée maghrébine peuvent être clairement écartés des procédures de sélections dans certaines entreprises", a déclaré la ministre, lors de la remise du deuxième rapport du groupe de dialogue sur le sujet, dont elle veut pérenniser l'action.

Ce groupe créé il y a deux ans réunit associations et syndicats, mais les organisations patronales l'ont quitté en septembre. La ministre a prévenu que si, après la communication des résultats détaillés du testing dans les semaines à venir, les entreprises ne prennent que "des mesures cosmétiques, nous nommerons celles qui ont eu des pratiques discriminatoires".

L'ABSENCE DES ORGANISATIONS PATRONALES REGRETTÉE

Ce testing était l'une des 18 mesures proposées en mai 2015 par le groupe de dialogue. Mercredi, ce groupe a remis 13 nouvelles propositions à la ministre du Travail et au ministre de la Ville, Patrick Kanner. Afin de pérenniser l'action de ce groupe "au-delà des échéances électorales", le gouvernement a proposé de le placer "sous la responsabilité conjointe" des deux ministères, ce que son animateur, Jean-Christophe Sciberras (DRH France du chimiste belge Solvay), a jugé "rassurant".

Myriam El Khomri a "regretté" l'absence des organisations patronales (Medef, CGPME, UPA) et les a appelées à "reprendre le travail de façon collective" pour mettre oeuvre les mesures relevant des partenaires sociaux. Mais ces trois organisations ont réaffirmé, dans un communiqué commun, "leur opposition ferme aux propositions", qu'elles jugent "dogmatiques". Elles "s'interrogent sur l'efficacité de la méthode qui consiste à réunir en une même enceinte des organisations (...) dont les rôles sont différents par nature".

DES "PROPOSITIONS INSUFFISANTES"

Parmi les propositions du groupe, plusieurs ont déjà été reprises par le gouvernement, comme la campagne de communication "Les compétences d'abord", l'action de groupe contre les discriminations ou la formation à la non-discrimination dans les entreprises de plus de 300 salariés. Le gouvernement souhaite désormais "accompagner" aussi les TPE-PME sur la formation, via les services "d'appui RH" créés par la loi travail. Il lancera également en janvier une expérimentation sur les indicateurs de déroulement de carrière.

Des propositions insuffisantes pour l'association La Maison des Potes. "Ils ont perdu une occasion de faire quelque chose avant de partir", a réagi auprès de l'AFP son responsable, Samuel Thomas, qui regrette notamment que l'ouverture "à tous les étrangers des emplois déjà ouverts aux Européens dans la fonction publique" n'ait pas été retenue.

"Deux ans de réunions, de propositions des syndicats et le gouvernement annonce... une expérimentation", a dénoncé dans un tweet Sophie Binet (CGT), déplorant que la proposition de "registre des candidatures" dans les entreprises ait été écartée du rapport. FO a également déploré la "timidité des engagements ministériels", par exemple sur les indicateurs de déroulement de carrière, question qui aurait valu selon le syndicat "la publication rapide d'un décret".

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  • M1945416 il y a 3 semaines

    Madame, vous êtes la preuve même , qu'on peut y arriver , peut importe son origine , non?

  • frenchto il y a 3 semaines

    ha, on cherche tous les écrans de fumée possibles ?

  • M1945416 il y a 3 semaines

    la paix oups ;-)

  • M1945416 il y a 3 semaines

    qu'elle s'occupe a ce qu'il y ai du travail en France , moins de charges , moins de tracasseries administratives , et fo u tt e la paie aux entrepreneurs ( qu'ils engagent qui ils veulent , au diplômes, au filling , on s'en fout , pourvu qu'ils embauchent )

  • BARIL22 il y a 3 semaines

    Pauvre France, plus que quelques mois de patience et en mai 2017 culpabilisation et discriminationdu méchant homme blanc prendront fin.

  • M6104458 il y a 3 semaines

    Gr207: Il y a longtemps que les inspecteurs du travail n'existent plus. Sarko les supprimés. Vous dites des milliers, pourquoi pas des millions. En revanche pour ce qui est de la discrimination, voyez tous les emplois sous payés dans la construction .

  • M3103557 il y a 3 semaines

    Si quand on recrute, on ne peut plus choisir, alors le recrutement s'arrêtera complètement (en France). Le socialisme, c'est vraiment la catastrophe majeure pour les plus faibles qu'il prétend défendre.

  • vologda2 il y a 3 semaines

    Trump ,le brexit bientôt l'autriche, c'est fini la démagogie sociétale, et si on faisait du testing sur l'adresse réelle et la scolarisation des enfants des élus socialilo communistes...je crois que la mixité ne serait pas au rendez vous.....acablant......

  • loco93 il y a 3 semaines

    Grace à la loi travail, si tu ne plais pas, dehors!

  • M3039634 il y a 3 semaines

    Le bilan de Madame Khomry - sans aucune expérience professionnelle - , n'est effectivement pas brillant !