Dior, Chanel ou Hermès disent non au "see now-buy now"

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    PARIS, 24 février (Reuters) - Les grands noms de la couture 
française comme Dior  DIOR.PA , Chanel ou Saint Laurent ont dit 
"non" à une éventuelle modification du calendrier des défilés 
parisiens, à l'heure où certaines marques veulent éliminer les 
délais entre la présentation et la mise en vente de leurs 
collections. 
    Le comité exécutif de la Fédération française de la couture, 
regroupant les responsables de Dior, Chanel, Hermès  HRMS.PA  et 
Kering  PRTP.PA  (propriétaire de Gucci, Balenciaga ou Saint 
Laurent), a fait savoir mercredi qu'il entendait conserver 
l'organisation actuelle des présentations des collections. 
    "Inverser le cycle, commencer par une présentation 
commerciale tuerait la créativité", a déclaré au Figaro le 
président de la fédération professionnelle Ralph Toledano. 
    Sa position est partagée par François-Henri Pinault, PDG de 
Kering, qui a récemment déclaré à la presse que le défilé 
faisait partie intégrante du processus créatif et que l'attente 
était constitutive de la "création du désir dans l'univers du 
luxe". 
    Le britannique Burberry  BRBY.L , suivi par Tom Ford, a fait 
grand bruit sur la planète mode en annonçant début février qu'il 
allait faire coïncider ses défilés sur les podiums avec la 
disponibilité de ses produits dans les magasins, selon le 
principe du "see now-buy now".   
    "Burberry fait ce qui lui convient. Nous, nous ferons ce qui 
convient à nos marques", a ajouté le PDG de Kering. 
    Burberry va ainsi renoncer au traditionnel calendrier de la 
mode, où les collections sont présentées environ six mois avant 
leur vente en boutique, au motif que les réseaux sociaux ont 
modifié les habitudes et rendent ce délai obsolète. 
    Cette décision intervient alors qu'aux Etats-Unis, la 
fédération des créateurs (CFDA) s'interroge elle aussi sur la 
nécessité de repenser le calendrier des collections, à l'heure 
où les défilés sont immédiatement vus et commentés sur 
l'ensemble de la planète via les réseaux sociaux. 
    Aux yeux des maisons de luxe françaises, cette approche, en 
se mettant trop à l'écoute des consommateurs, va à l'encontre de 
la création, sans parler des obstacles qu'elle pose en matière 
de délais de fabrication et de "supply chain" (chaîne 
logistique). 
    La fédération de la couture précise avoir mené une enquête 
auprès de ses adhérents, qui révèle "qu'aucun client ne s'est 
jamais plaint de ne pas pouvoir acheter en boutique un produit 
vu sur internet". 
    Alors que certains estiment que la refonte du système 
permettrait de couper court aux copies des enseignes de "fast 
fashion" comme Zara  ITX.MC  ou H&M  HMb.ST , Ralph Toledano 
assure, lui, que la disponibilité immédiate des produits 
n'empêchera rien. 
    "Le remède à la contre-façon il n'y en a qu'un seul: faire 
des produits plus difficiles à imiter, créer un design à valeur 
ajoutée". 
 
 (Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot) 
 

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